L’Achoura 2019 a été célébré en différé hier jeudi, 12 Septembre 2019, à la grande mosquée de Bambéto, dans la commune de Ratoma. Cette cérémonie, organisée par certains sages du Fouta et des régions de la Guinée, s’inscrit dans le cadre du renforcement de la foi islamique et la commémoration des grands évènements qui se sont produits le 10ème jour de Muharram, le premier mois de l’année musulmane. Elle s’est déroulée en présence du ministre de l’Unité Nationale et de la Citoyenneté, des érudits des célèbres foyers coraniques du Fouta et d’autres régions, des responsables de la ligue islamique nationale, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Avant le discours des érudits et les salutations d’usage, le saint Coran a été lu une fois et le verset Yassine lu 40 fois en faveur de la paix et de la concorde dans notre pays.

Elhadj Mamadou Saidou Diallo, Grand imam de la mosquée de Bambéto

Dans son adresse aux fidèles réunis pour la circonstance, le grand imam de la mosquée de Bambéto, Elhadj Mamadou Saidou Diallo, s’est d’bord réjoui de la forte mobilisation avant d’inviter les uns et les autres à reprendre les bonnes pratiques de l’islam qu’il considère en train de disparaître.

« Aujourd’hui, nous sommes très contents. Voir tout ce beau monde, venu de partout, réuni ici pour la cause de Dieu, c’est un grand plaisir. Accepter de répondre à cet appel fraternel que nos parents résidant à Bambéto ont lancé pour commémorer ce grand jour d’Achoura est une grande réjouissance pour nous. Comme vous le savez, l’initiative de cette rencontre est d’un constat triste. Les bonnes pratiques de l’Islam, c’est-à-dire la tradition du prophète Mohamad (PSL), tendent à disparaître à cause de ceux qui les banalisent. Pour rappeler à certains et faire connaître à d’autres, je dirai que nos parents ont l’habitude de faire un certain nombre de bonnes pratiques relevant des recommandations de Dieu et du prophète Mohammad (PSL). Ça fait partie des habitudes de nos parents, à l’occasion de la célébration de l’Achoura, de jeuner, faire des sacrifices, aider les personnes démunies, offrir des vivres aux pauvres, aller saluer les beaux parents, ses maîtres coraniques ainsi que d’autres, les parents et les voisins, lire le coran et si possible, s’acquitter de l’aumône, si c’est le cas. Mais, le constat est qu’aujourd’hui à Conakry, cela a tendance à disparaitre par certains musulmans qui disent que ce ne sont pas des paraliques à faire. C’est un dérapage grave, car celui qui dit de ne pas aller saluer ta belle famille, tes maitres coraniques, tes voisins, tes amis et d’autres connaissances ; il te dit de ne pas faire des sacrifices ou bien d’autres pratiques islamiques tirées de tradition du prophète, il t’a induit en erreur », a dit l’imam.

En outre, le grand imam a mis cette occasion à profit pour appeler tous les fidèles musulmans à l’union et à l’acceptation réciproque. « Nous demandons à tous les fidèles musulmans, issus de quelques catégories que ce soit, c’est-à-dire qu’ils soient Chiites, Tidjanistes ou Sunnites, s’ils prononcent la phrase de l’unicité de Dieu et de la reconnaissance du prophète comme le messager de l’humanité, de se ressaisir. Chacun n’a qu’à aimer et suivre son maître, mais qu’il laisse celui qui n’est pas de même école que lui en paix. Seul Dieu sait qui est meilleur chez lui. Il n’appartient à aucun musulman de dire tel ira en enfer. Cela relève du secret de Dieu. Les musulmans doivent s’accepter et s’aimer. C’est en ça que la paix et la bonne foi vont régner. Le contraire entraînera toujours la mal-entente et parfois même la mauvaise conduite. Donc, nous appelons tout le monde à l’unité et aux bonnes pratiques de l’islam ».

Mamadou Taran Diallo, ministre de l’Unité Nationale et de la Citoyenneté

Pour sa part, le ministre de l’Unité Nationale et de la Citoyenneté, Mamadou Taran Diallo, dira avoir constaté une grande ferveur religieuse et un enseignement plein de sens, indispensable à la communauté musulmane. « Ça a été une grande fierté de prendre part à cette rencontre. J’ai pu constater une grande ferveur religieuse et un enseignement important pour les musulmans. Un enseignement qui a, entre-autres, fait comprendre qu’il y a 3 fêtes musulmanes : la fête du Ramadan, la fête de Tabaski et la fête du nouvel an musulman. Ensuite, l’information sur l’importance de suivre cette journée, l’importance de l’éducation en Islam, l’importance d’apprendre et pratiquer le Coran, l’importance de garder et de pratiquer nos traditions qui sont le respect, la considération et la tolérance. Je dois dire que les hommes de culture, les détenteurs du pouvoir ou aspirants au pouvoir, tout le monde a intérêt à bien se comporter et à prôner la paix », a-t-il laissé entendre.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 00224 622 91 92 25

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