Les femmes du front national pour la défense de la constitution (FNDC) ont rencontré hier, jeudi 12 septembre 2019, le bureau national de la coordination ‘’Haali Poular’’ à Conakry. Ces femmes, qui ont su transcender les clivages politico-ethniques qui gangrènent actuellement la Guinée, étaient allées se plaindre et réaffirmer aux sages du Foutah leur opposition catégorique à tout projet de nouvelle constitution ou de troisième mandat pour Alpha Condé, l’actuel chef de l’Etat guinéen, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était à cette rencontre.

Venues de toutes les sensibilités pour défendre et exiger le respect de la constitution de Mai 2010 (actuellement en vigueur en Guinée), les femmes du FNDC ont clairement indiqué leur position sur ce sujet qui polarise, depuis quelques temps, le débat politique en Guinée. Devant les sages de la coordination Haali Poular à Conakry, ces femmes ont aussi exprimé leur douleur et leur angoisse liées à la paupérisation sans cesse croissante du guinéen.

Madame Camara Hadja Sarangbè Condé, présidente des femmes du FNDC

« Nos enfants sont sortis des écoles ; mais, ils n’ont pas de travail. D’autres sont partis ; et, ils risquent tous les jours de mourir en mer. Tout cela, à cause de la situation que nous connaissons tous. Nous, femmes de toutes les sensibilités, nous nous sommes réunies pour dire qu’il faut qu’on prenne notre bâton de pèlerin pour aller voir les sages que vous êtes. Parce qu’avec vous nous sommes rassurées », a introduit Madame Camara Hadja Sarangbè Condé, la présidente des femmes du FNDC.

Prenant la parole pour expliquer en détails les raisons de leur présence devant les sages de la coordination Haali Poular, madame Aïcha Barry, la porte-parole des femmes du FNDC, a dit que les femmes sont venues se plaindre et exprimer leur refus catégorique de cautionner un changement de constitution ou un troisième mandat pour le président Alpha Condé, qui dirige la Guinée depuis 2010.

Madame Aïcha Barry, porte-parole des femmes du FNDC

« Quand un enfant a peur, il court vers son papa. Quand un enfant a faim, il court vers ses parents. Il y a un adage de chez nous qui dit : ‘’si un enfant brille, c’est son père. Quand un enfant devient fainéant, on dit que c’est sa mère’’. C’est la raison pour laquelle, nous, femmes de Guinée, on s’est donné les mains. On ne va pas s’assoir et regarder nos maris souffrir encore plus. On en a marre ! Trop, c’est trop ! Puisqu’on a vu que nos maris se sont battus avec toutes leurs forces pour atteindre leur but (empêcher un troisième mandat pour Alpha Condé), nous, femmes du FNDC, au nom de toutes les femmes conscientes de Guinée, disons non à un troisième mandat, non à un tripatouillage de la constitution, non à n’importe quel changement de notre constitution. Et, nous nous bâterons jusqu’à notre dernier souffle. Et, puisque nous ne pouvons prendre aucune décision sans vous, nos chers papas, maris et doyens, on s’est organisé pour rencontrer toutes les coordinations des quatre régions naturelles de notre pays… Nous, femmes du FNDC, sommes derrière vous. Nous vous écoutons, mais ne soyez pas surpris face à n’importe quelle décision de ces braves femmes qui sont devant vous ici. Donc, nous sommes venues nous plaindre chez vous ; et, vous dire de ne pas être surpris le jour où nous sortirons manifester notre ras-le-bol », a indiqué madame Aïcha Barry, la porte-parole des femmes du FNDC.

En réponse à ces différents messages, Elhadj Saïdou Diallo, le vice-président chargé de l’administration et porte-parole de la coordination Haali Poular, a exprimé l’engagement des sages du Foutah aux côtés des femmes du FNDC, tout en précisant que la coordination n’est pas un parti politique.

Elhadj Saïdou Diallo, vice-président chargé de l’administration et porte-parole de la coordination Haali Poular

« Vous êtes venues nous confier un message. Vous avez dit que vous êtes venues vous plaindre. Nous vous avons entendues. Vous êtes nos filles, nos femmes. Et, nous sommes ensemble pour le travail que vous avez entamé. Car, c’est notre travail à nous tous… Nous ne sommes pas un parti politique ; mais, partout où un guinéen est touché, nous ressentons la douleur. Notre rôle est de conseiller les gens, surtout les gouvernants. On n’a pas des étages ; mais, nous sommes surs que ce qu’on est en train de faire est bénéfique pour nous tous. Quiconque voudra gâter notre Guinée, c’est lui qui partira et nous laisser construire le bien dans ce pays. Soyez surs qu’on ne fait rien contre quelqu’un. Vous voulez que tous les enfants de Guinée se retrouvent, qu’on trouve du travail pour tout le monde, sans distinction. Notre différence ethnique devait être une richesse… Donc, c’est pour vous dire que votre message est bien perçu. Nous aussi, ce qu’on a à faire, c’est de dire aux autorités qui ont le rôle de protéger tout le monde sans distinction, de respecter la loi que nous avons tous validé. C’est un devoir pour nous de dire aux autorités qu’elles n’ont pas le droit de violer cette loi ou de créer des problèmes entre nous… Toute personne qui veut faire le bien a notre bénédiction. Nous allons conseiller aux autorités de ne pas franchir la ligne rouge, de ne pas violer la loi. Parce qu’en violant la loi, nous ne serons plus une République, une démocratie. Et puis, ça risque de dégénérer. On ne le souhaite pas ! Donc, on a compris votre message ; et, nous allons le passer dans les meilleures formes possibles… La dernière fois que vous êtes passées ici, les journalistes ont demandé si on a adhéré au FNDC. J’ai dit « NON ! » ; mais, nous sommes là pour défendre des valeurs dont entre autres la justice, la démocratie, la solidarité », a déclaré Elhadj Saïdou Diallo, au nom des sages et des doyens de la coordination Haali Poular.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Tél. : 622 97 27 22

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