L’insécurité en milieu urbain demeure un problème récurrent. Les cas de viol, notamment sur les mineures, se multiplient à travers le pays. C’est pour inverser cette tendance et instaurer le débat sur la question que s’est ouverte à Mamou ce lundi, 16 septembre 2019, une campagne de sensibilisation à travers les médias sur le thème Protection des femmes et des enfants : rôle et mission de l’OPROGEM, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Cette activité est une initiative du projet Partenaires pour la Sécurité en Guinée, la réforme de la police au service du citoyen, fiancée par le département d’État Américain. Sa mise en œuvre est assurée par le consortium Partners Global, Coginta et le CECIDE dans les communes de Dixinn, Kaloum, Kindia, Mamou, Kankan, Labé et Siguiri.

Sanoh Mohammed Aly, représentant du l’Office de Protection du Genre

Prenant la parole, Sanoh Mohammed Aly, représentant du l’Office de Protection du Genre, de l’Enfance et des Mœurs (OPROGEM), a dégagé les objectifs du projet avant de demander le concours des citoyens pour mettre le grappin sur les violeurs: « vulgariser le concept de police de proximité ; informer les jeunes et les femmes sur le rôle et les missions de l’OPROGEM ; promouvoir une culture de coproduction de la sécurité entre la PNG (Police Nationale), les autorités locales et la société civile ; améliorer et renforcer la visibilité de la police dans l’espace public ; et enfin, accroître la fréquence et rendre accessible les informations utiles à l’endroit des partenaires et du public cible. Pour ralentir ce fléau, nous demandons aux parents de dénoncer ceux qui détruisent l’avenir de leurs enfants, nous demandons une franche collaboration avec tout le monde pour traquer ces personnes éhontées ».

Aye Mady Fofana du projet Partners pour la Sécurité en Guinée

Pour arriver à freiner les cas de viol, Aye Mady Fofana du projet Partners pour la Sécurité en Guinée est revenu sur la méthodologie qui sera employée. « Pour l’atteinte des objectifs de ces conférences-débats, l’approche méthodologique pour chaque débat consistera en : des rencontres préalables avec les cadres de la police ; des rencontres avec les responsables locaux pour la mobilisation de la communauté ; des plénières avec des exposés présentant le dispositif d’intervention de l’activité, et chaque débat sera animé par les cadres de la police, un spécialiste de sécurité et un membre du projet ».

Mamadou Alpha Barry, vice-maire de la commune urbaine de Mamou

Présent à cette rencontre, Mamadou Alpha Barry, vice-maire de la commune urbaine de Mamou, a loué les efforts de la police et la collaboration mutuelle. « Je suis très heureux de vous accueillir ici à Mamou pour cette rencontre d’échanges dans la ville carrefour avec les frères de la police, qui jouent un rôle de protection des citoyens de Mamou. Nous dirigeons les collectivités et notre arme, c’est les forces de sécurité, notamment la police. Nous sommes appelés à travailler avec eux. La commune urbaine a été largement affectée ces dernier temps. Nous savons qu’il y a des maux qui nous fatiguent, c’est les cas de viol des jeunes filles à la Poudrière et à Thiewngol, dans la commune. Si un projet vient nous accompagner pour éradiquer ces maux qui nous gangrènent, ça nous réjouit à plus d’un titre », a-t-il laissé entendre.

Mme Baldé Mariama Penda, Directrice préfectorale de l’Action Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance

Pour sa part, madame Baldé Mariama Penda, Directrice préfectorale de l’Action Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance, a dénoncé la récurrence des cas de viol avant d’inviter l’ensemble des acteurs à s’impliquer dans la lutte contre ce mal qui ronge notre société. « Les cas de viol sont maintenant devenus une maladie à Mamou. C’est récurrent surtout avec les petites filles de 6 ans, de 8 ans, de 12 ans. Je me demande comment qualifier cet acte. C’est difficile à gérer aujourd’hui à Mamou. Je crois qu’avec cette sensibilisation, nous allons réussir à freiner ce phénomène. Je crois que les causes sont multiples : la négligence des mamans, abandonner les jeunes filles comme ça, c’est anormal. Je demande aux mères de préserver les petites filles, de veiller à appliquer la loi dans toute sa rigueur sur les violeurs, les autres vont tirer des leçons. Je lance un appelle pressant aux autorités, je leur demande d’appliquer la loi sur les violeurs sans complaisance ».

La rencontre a été marquée par une série de questions-réponses et la projection d’un film portant sur les cas de viol.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tel : 625698919/657343939

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin