Le préfet de Siguiri a animé un point de presse avant-hier, dimanche 15 septembre 2019, autour du licenciement de plusieurs employés de la SAG. Le colonel Moussa Condé est revenu sur la genèse de cette situation, balayant d’un revers de la main les accusations de corruption dont il fait objet, a constaté le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Depuis plusieurs jours, la ville de Siguiri vit sous tension suite au licenciement de 7 employés guinéens de la Société Aurifère de Guinée (SAG) et à la rétrogradation d’une cinquantaine d’autres pour « abandon de poste ». La semaine dernière, plusieurs jeunes de la ville ont manifesté pendant deux jours dans la rue, bloquant les activités de la SAG pour protester contre ces licenciements. Face à cette situation et tous les commentaires qu’elle suscite, le préfet de Siguiri s’est exprimé devant les médias pour « éclairer la lanterne » des habitants de la préfecture.

« Un jour, les anciens travailleurs de WBHO et du groupe Five, (des sociétés sous-traitantes de la SAG, sont venus me trouver avec des revendications. Ils m’ont dit qu’ils vont manifester parce qu’ils ont reçu des informations venant des syndicats de la SAG, disant que la SAG leur doit une somme de 5 milliards de francs guinéens. Je leur ai répondu en disant que 5 milliards, ce n’est pas une petite somme, mais puisque les informations viennent des syndicats, je vais me renseigner auprès d’eux.

Le lendemain, j’ai convoqué les syndicats, ils sont venus. J’ai posé la question de savoir si les informations sont venues d’eux, ils ont confirmé que c’est effectivement eux qui ont donné ces informations. J’ai demandé s’ils ont vérifié les informations avant de parler, ils ont répondu malheureusement non. Quand je leur ai demandé pourquoi ils l’ont dit sans vérification préalable, ils ont dit de mettre cette affaire des contractuels de côté parce qu’eux-mêmes ils comptent aller en grève, et qu’ils ont déposé un avis de grève.

C’est ainsi que les travailleurs de la logistique, service où travaillaient les licenciés et les rétrogradés, ont abandonné le travail pendant 23 jours sans un avis de grève. Mais moi, c’est pendant la déclaration de la direction de la SAG que j’ai appris que les syndicats n’avaient pas déposé un avis de grève. J’ai demandé aux syndicats s’ils étaient au courant de cela, ils m’ont répondu que ce sont eux qui ont demandé aux travailleurs de la logistique d’arrêter le travail.

J’ai posé la question aux syndicalistes s’ils étaient au courant de ça, ils ont répondu que ce sont eux-mêmes qui ont dit aux travailleurs de la logistique d’arrêter les activités. J’ai dit que c’est égoïste de leur part de demander aux gens d’arrêter le travail sans déposer un avis de grève », a expliqué le préfet.

Le colonel Moussa Condé dément donc les accusations de corruption dont il fait l’objet dans cette affaire. « Sur les réseaux sociaux, des gens m’accusent en disant que j’ai reçu une somme de 50 millions de francs pour appuyer la direction de la SAG. Qu’ils apportent les preuves de ce qu’ils disent. Moi, rien ne m’est plus cher aujourd’hui que l’emploi des jeunes », soutient-il.

Le préfet indique assure qu’il a « appris le licenciement sur les sites internet comme tout le monde. Mais quand je l’ai appris, j’ai informé le ministre des mines qui est en séjour de travail aux Etats-Unis, il m’a instruit de rencontrer les licenciés et envoyer les dossiers à son cabinet avant son retour. Mais malheureusement, j’ai tout fait avec les intéressés (les licenciés), mais impossible ».

A noter qu’après les manifestations de la semaine dernière, le travail a repris normalement à la SAG, basée dans la sous-préfecture de Kintinia. Mais jusqu’à présent, la méfiance est de mise dans la préfecture. Le bus qui transporte les employés de la Société Aurifère de Guinée à leur lieu de travail est toujours sous escorte policière par peur d’essuyer des attaques en cours de route.

De Siguiri, Bérété Lancéï condé pour Guineematin.com

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