Une vingtaine de journalistes venus de divers médias guinéens ont pris part à un atelier de formation portant sur la couverture médiatique du procès du massacre du 28 septembre 2009. Organisé par l’Association des Victimes, Parents et Amis du 28 septembre (AVIPA) avec un appui de la fondation OSIWA, la démarche vise à permettre aux participants d’avoir des notions utiles pour relayer fidèlement et objectivement les débats lors de ce procès tant attendu dans notre pays, a appris sur place Guineematin.com à travers un ses reporters.

Cet atelier qui s’est ouvert le 16 septembre, a pris fin ce mercredi, 18 septembre 2019 à Conakry. Durant trois jours, les participants ont échangé avec les facilitateurs autour des techniques de couverture des procès. Cela, pour leur permettre d’avoir des connaissances et compétences indispensables à la couverture médiatique du procès du massacre du 28 septembre 2009.

A l’issue des travaux, les journalistes, par la voix de Chaïkou Baldé, ont exprimé leur reconnaissance à l’endroit des organisateurs de cette formation. « Nous, journalistes des médias publics et privés, après trois jours d’intense formation, sur la couverture médiatique du procès du 28 septembre 2009, exprimons toute notre gratitude et nos vifs remerciements aux heureux initiateurs de cette rencontre, première du genre en République de Guinée, et qui a permis d’outiller des femmes et hommes de médias sur les tenants et aboutissants d’un procès d’envergure en perspective comme celui du 28 septembre 2009. Nous nous réjouissons de la qualité de la formation reçue, de la méthodologie utilisée par le facilitateur et surtout de la maîtrise tant soit peu du rôle et de la responsabilité du journaliste dans la couverture d’un tel événement majeur dans la vie sociopolitique de notre pays », a-t-il déclaré.

Elhadj Ousmane Camara, commissaire de la Haute Autorité de la Communication

De son côté, Elhadj Ousmane Camara, commissaire de la Haute Autorité de la Communication et l’un des facilitateurs, a indiqué qu’avec les connaissances qu’ils ont acquises pendant cette formation, les participants pourront bien couvrir le procès en perspective. « Je pense que si vous vous fondez sur ce que nous avons passé en revue pendant ces trois jours, vous pourrez couvrir le procès du 28 septembre sans risque pour vous-mêmes, pour notre pays et pour les victimes, et c’est une initiative qu’il faut saluer. Outre la formation de base du journaliste, je pense que la formation que vous venez de suivre s’inscrit dans la logique à ce que nous ayons dans la presse guinéenne des spécialistes de droit, de reportages sur un procès ordinaire ou un procès comme celui des événements du 28 septembre 2009.

Je voudrais surtout saluer la clairvoyance de la présidente de l’AVIPA qui a sollicité qu’on vous initie pour que vous soyez les témoins du procès, pour transmettre le message du procès à l’ensemble du peuple de Guinée. Je dois sincèrement lui dire merci ainsi que ceux qui ont facilité foncièrement cette organisation. Et je repars d’ici satisfait », a fait savoir le facilitateur.

Mme Asmaou Diallo, présidente de l’Association des Victimes, Parents et Amis du 28 septembre (AVIPA)

De son côté, la présidente de l’Association des Victimes, Parents et Amis du 28 septembre (AVIPA) a remercié tous ceux qui se sont investis pour la réussite de cette formation. Madame Asmaou Diallo a exprimé aussi ses attentes suite à cet atelier. « Nous pensons que cette formation est importante pour vous et pour nous aussi parce que si vous êtes outillés correctement, au moment du procès du 28 septembre on n’aura pas peur. Parce qu’on sait que vous allez transmettre exactement ce qu’on vous donne au niveau du procès. Si l’information passe correctement sans qu’on ne change ce qu’on a appris au sein de l’audience, c’est très important pour nous victimes et pour le peuple de Guinée », a-t-elle laissé entendre.

Abdourahmane Diallo de OSIWA-Guinée

Egalement présent à cette cérémonie de clôture, Abdourahmane Diallo de OSIWA-Guinée a dit que cette formation vient à point nommé. « Cette formation, on l’attendait depuis longtemps, parce que ce travail que vous allez faire dépasse les frontières guinéennes. Donc, avoir les techniques et les mécanismes de la couverture du procès, c’est fondamental pour vous permettre de travailler de façon objective et impartiale. Il y aura des journalistes venus du monde entier mais vous êtes les premiers témoins de l’événement du 28 septembre.

Avoir une telle formation à quelques jours de la commémoration du 10ème anniversaire des massacres du 28 septembre est capital parce que ça rappelle encore que 10 ans après on n’a toujours pas la date de la tenue du procès. Donc vous êtes interpellés à faire des plaidoyers afin qu’on ait une date de la tenue du procès. Je voudrais vous dire que OSIWA compte sur vous », a dit le représentant de OSIWA à cette cérémonie.

A rappeler que selon plusieurs ONG, au moins 157 personnes ont été tuées, de nombreuses autres blessées et des femmes violées le 28 septembre 2019 au stade de Conakry. Plusieurs personnalités membres de la junte militaire qui était, alors, au pouvoir ont sont inculpées dans ce dossier. Parmi elles, le chef de cette junte, Moussa Dadis Camara, qui se trouve au Burkina Faso, mais aussi son aide de camp Aboubacar Sidiki Diakité « Toumba », détenu à la maison centrale de Conakry.

Salimatou Diallo et Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

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