Quelques jours après l’éclatement d’une affaire de moustiquaires imprégnées qui auraient été volées en Guinée et envoyées au Mali voisin, le ministre guinéen de la santé a réagi à ce sujet. Au cours d’une conférence de presse organisée ce vendredi, 20 septembre 2019 à Conakry, Edouard Niankoye Lamah a dit ce que son département sait de cette affaire et ce qu’il compte faire dans les prochains jours, a appris un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

L’affaire a fait grand bruit ces derniers jours sur les réseaux sociaux. On parle de plus de 800 moustiquaires imprégnées octroyées à la Guinée par des partenaires au développement dans le cadre de la lutte contre le paludisme qui ont été soustraites frauduleusement pour d’autres destinations. Ces moustiquaires auraient été retrouvées en République du Mali, où elles devraient peut-être être revendues. En s’exprimant sur le sujet devant les médias, le ministre guinéen de la santé a indiqué que son département sait encore très peu de choses sur cette affaire.

Dr Niankoye Lamah, ministre d’Etat à la Santé

« Le premier élément que nous avons reçu tiré sur les réseaux fait état d’un communiqué du ministère de la santé et des affaires sociales de la République du Mali. On dit que vendredi dernier, par une lettre officielle des partenaires de lutte contre le paludisme de la République de Guinée, à savoir l’USAID, le Fonds mondial et la Fondation Against Malaria, auraient dit que des moustiquaires ont été soustraites en Guinée et vendues en République du Mali. Le 17 septembre dernier, j’ai donc invité tous les partenaires qui opèrent dans le domaine de la lutte contre le paludisme. Ce premier point a reçu un démenti. Et, la confirmation a été faite hier quand nous avons reçu un autre document toujours de nos partenaires.

Ce document reconnait l’authenticité des faits, à savoir : c’est plutôt madame Founya Loris du Fonds mondial, madame Sinta Senayère de l’USAID et un monsieur de la Fondation Against Malaria. Ce sont ces gens qui vivent tous à l’extérieur qui ont écrit au ministère de la santé et des affaires sociales du Mali pour attirer l’attention de ce ministère sur la provenance des moustiquaires. Ils ont indiqué que 16 balles de 50 pièces (environ 800 moustiquaires) avec 19 paquets de 100 emballages en provenance de la Guinée de façon frauduleuse seraient stockés dans un magasin en face du 10ème arrondissement à Bamako », a expliqué Edouard Niankoye Lamah.

Poursuivant, le ministre guinéen de la santé a souligné que son département n’a pas été officiellement saisi par le ministère malien de la santé de cette affaire. Il promet toutefois de prendre des dispositions afin de faire toute la lumière là-dessus. Il s’agit de l’envoi d’une délégation composée de plusieurs structures au Mali. « Nous sommes tombés d’accord : les autorités guinéennes comme les partenaires, il faut qu’on envoie une mission au Mali. Cette mission va comporter plusieurs professions : il y a aura une délégation du ministère de la santé, il y aura la police, il y aura des partenaires etc.

Cela, pour approcher le gouvernement du Mali pour en savoir plus. Il semble que des gens (les voleurs des moustiquaires) seraient arrêtés. Alors, si des gens sont arrêtés par le gouvernement malien, ça veut dire que c’est une excellente chose. Parce qu’il faut qu’on établisse la responsabilité, qu’on trouve les coupables qui auraient soustraient ces moustiquaires afin que l’impunité cesse de régner. Il faut les retrouver et il faut utiliser la sanction qui convient à la situation. C’est la position du gouvernement guinéen », a-t-il laissé entendre.

En attendant d’en savoir plus sur cette affaire, le ministre de la santé indique que son département s’est interrogé sur comment la campagne de distribution des moustiquaires imprégnées de l’année dernière s’est passée. Puisque, selon lui, ça peut être un point de soustraction des moustiquaires. « L’organisation de cette campagne de distribution nous a été décrite lors de notre réunion. Ce sont des ONG qui ont transporté et déposé ces moustiquaires au lieu du site de distribution. Peut-être, en route, c’est possible qu’il y ait des soustractions », a dit Dr Edouard Niankoye Lamah.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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