Autrefois célébrée avec faste, la fête de l’indépendance guinéenne attire de moins en moins. Sa célébration, le mercredi 02 octobre 2019, n’a pas échappé à ce triste constat où l’ambiance était plus que morose. Les responsables du Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES) ont fustigé cet état de fait ce samedi, 05 octobre, à l’occasion de leur assemblée générale hebdomadaire, tenue au siège du parti à Nongo, dans la commune de Ratoma, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Pour Mohamed Kaba, coordinateur des affaires administratives du PADES, le fait que la fête ne soit pas célébrée à Kindia, conformément au programme initial du gouvernement, renvoi une mauvaise image du pays. « Cette fête, c’est le symbole de notre souveraineté. Malheureusement, vous avez pu le constater, elle n’a pas été célébrée à la hauteur de ce qu’elle représente pour notre nation. Quelque soit les difficultés, nous devons essayer quand même de montrer que ce jour est un jour important pour nous, c’est aussi un jour important pour la nouvelle génération et pour la génération future. Ces enfants qui doivent s’identifier culturellement et historiquement par rapport aux hauts faits de notre pays et je pense qu’il ne faut pas les en priver. La fête n’a pas pu se tenir parce que les dispositions prévues pour l’organisation de la fête, dans le cadre des fêtes à Kindia, les infrastructures n’étant pas prêtes, le gouvernement ne l’a pas officiellement célébré. Ce que nous fustigeons, parce que pour nous, la gouvernance a plusieurs piliers. L’un des piliers importants, c’est la prévoyance. Il faut pourvoir prévoir, pouvoir prendre des dispositions pour qu’on soit vraiment au rendez-vous de l’histoire, qu’on ne soit pas toujours absent », préconise monsieur Kaba.

Mohamed Kaba, coordinateur des affaires administratives du PADES

Pour ce responsable du PADES, « nous Guinéens aurions aimé célébrer cette fête dans la ferveur et dans l’unité. Parce que cela est important. Ce sont des occasions qui permettent aux peuples de manifester leur intérêt commun, leur avenir commun et leur devenir commun, c’est le lieu de réunir toute la famille, toute la nation guinéenne au tour des valeurs de notre République, c’est extrêmement important et cela devrait se faire. Nous souhaitons que ce qui s’est passé cette année ne se reproduise plus », a laissé entendre le président de la séance.

Par ailleurs, Mohamed Kaba a exhorté les autorités à organiser des élections législatives transparentes pour que l’Assemblée nationale retrouve sa légitimité. « C’est important cette question d’élections législatives, parce qu’elles vont nous permettre de tourner une page importante de notre pays. Aujourd’hui, nous avons une Assemblée qui est caduque et une assemblée illégitime, parce que son mandat dévolue par le peuple est échu depuis très longtemps… Donc, il est important que des dispositions soient prises pour que ces élections soient organisées de façon transparente, de façon inclusive, de façon crédible. C’est ce qui va permettre au peuple de Guinée de renforcer sa démocratie et ça va nous permettre d’éviter des troubles dans le pays », soutient-il.

Elhadj Sekhouna Soumah, Kountigui de la Basse Côte

En outre, le coordinateur administratif du PADES a salué la sortie médiatique d’Elhadj Sékhouna Soumah, le Kountigui de la Basse Côte, opposé au projet de nouvelle Constitution. « L’intervention du sage, Elhadj Sékhouna… voilà un monsieur qui prend ses responsabilités vis-à-vis de l’histoire, de façon claire et nette, et il l’a dit. Nous adhérons à ce qu’il a dit. Parce que ce qu’il a dit, c’est la vérité. Aujourd’hui, il faut faire attention, nous sommes dans une situation où si nous ne faisons pas attention, nous risquerions ce que nos pays voisins ont connu. Ce monsieur l’a dit, il faut combattre le troisième mandat et nous avons compris qu’en Basse côte, le troisième mandat ne passera pas ».

Enfin, Mohamed Kaba a fait référence à la réunion de Niamey où des chefs d’Etat ont affirmé clairement qu’il faut combattre leurs homologues qui veulent s’accrocher au pouvoir au-delà de leurs mandats légaux. « Vous avez vu la réaction de certains chefs d’Etat, la réaction du président en exercice de la CEDEAO, Mahamadou Issoufou. Il a dit ceci : « le plus grand bonheur pour moi, c’est de pouvoir passer le témoin à un président démocratiquement élu.. » Aujourd’hui, en Guinée, nous sommes en train de nous battre contre vents et marées pour que ce principe là soit accepté, pour que notre pays puisse aller dans ce sens. A l’extérieur, nous avons un écho favorable ; et, cela, je pense que ça doit avoir des répercussions », a dit monsieur Kaba.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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