L’installation des murets par le ministère des Travaux publics dans les marchés de Conakry a permis de fluidifier la circulation et de minimiser les risques d’accident. Mais de nos jours, certaines vendeuses ont réoccupé la chaussée en s’asseyant devant les murets au grand dam des administrateurs des marchés, impuissants face à ce problème. Les marchés de Matoto, ENTAG, ENCO 5 en sont la parfaite illustration, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les habitudes ont la vie dure, a-t-on coutume de dire. Les marchandes, chassées de la route il y a de cela quelques temps grâce à la construction des murets, sont revenues s’y installer dans certains marchés de Conakry. Le marché d’ENTAG (nom de l’ancienne usine de l’Entreprise de Tabac et Allumettes de Guinée) dans la commune de Matoto, illustration bien cette réoccupation de la chaussée par ces femmes avec les tous les risques que cela comporte.

Là, elles sont revenues sur la chaussée, devant les murets, ne craignant même plus les descentes inopinées de la police. Quelques fois, c’est à une course poursuite que l’on assiste entre les deux parties, apprend-on. Entre midi et 18 heures, c’est à une forte affluence que l’on assiste devant les murets, pourtant conçus pour garder les vendeuses loin de la chaussée.

Nansady Sangaré, administrateur adjoint du marché ENTAG

Interrogé par le reporter de Guineematin.com sur cet état de fait, Nansady Sangaré, administrateur du marché d’ENTAG, a dit que de nombreuses sanctions ont été infligées aux vendeuses, sans jamais que cela ne les décourage. « Cette occupation anarchique des artères ne date pas d’aujourd’hui. Mais, je vous dirai que bien avant le placement de ces murets, l’administration du marché avait commencé à se battre pour que ces gens-là quittent la chaussée. Depuis toujours, nous les sensibilisons. Nous avons toujours organisé des séances de sensibilisation mais les femmes ne comprennent toujours pas. La police a plusieurs fois saisi leurs marchandises, mais cela ne les fait pas quitter la chaussée », se désole-t-il.

Par ailleurs, Nansady Sangaré a révélé que des interpellations, des saisies de marchandises et même des gardes à vue ont été effectuées contre celles qui reviennent devant les murets. « Des accidents mortels se produisent souvent ici sous leurs yeux. Mais, elles disent pendant ce temps que c’est Dieu. Elles ne se soucient pas de leur vie. C’est ça le problème. Quand tu leur demandes pourquoi elles viennent occuper la route, elles évoquent un problème de place. Mais c’est faux. Elles n’ont aucune raison valable qui puisse les amener à exposer leur vie. Je pense qu’on ne doit chercher à avoir quelque chose que si on est vivant. Elles refusent de comprendre. Pour les déguerpir des artères, les administrateurs du marché, les agents des forces de l’ordre et les autorités communales, nous sommes passés par plusieurs techniques comme l’interpellation des récidivistes, les gardes à vue, la saisie de leurs marchandises. Mais tout ça ne les a pas empêchées de réoccuper la chaussée », a-t-il fait savoir.

Face à cette situation et surtout devant les risques encourus par les contrevenantes, l’administrateur du marché d’ENTAG se dit inquiet et annonce que de nouvelles stratégies contre le phénomène sont en train d’être prises. « Depuis que les femmes ont commencé à occuper la chaussée, on a fait beaucoup de choses. Vous avez vu ces derniers temps, les murets sont placés, mais elles sortent de l’espace approprié à leur activité pour aller occuper les espaces qui ne sont pas réservés pour le commerce. Maintenant, on est en train de voir quelles sont les nouvelles stratégies à trouver pour qu’elles quittent définitivement la chaussée. Parce que là, c’est leur vie qui est en danger et nous, notre devoir c’est de protéger la vie et les biens des marchands », a indiqué monsieur Sangaré.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 00224 622919225 / 666919225

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin