Le président Alpha Condé menacé par des manifestations contre son projet de nouvelle Constitution

Comme on le sait, hier, lundi, le Front national pour la défense de la constitution (FNDC) a fixé au lundi prochain, 14 octobre 2019, le début des manifestations contre le changement de la Constitution. Un changement qui permettrait au président Alpha Condé de faire un troisième mandat ou un premier de la quatrième République (ce qui revient à la même chose : rester au pouvoir à la fin de son deuxième et dernier mandat en 2020).

Depuis, certains pensent à du déjà vu, étant donné que les principaux pourvoyeurs de manifestants (l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et l’UFR de Sidya Touré) étaient dans les rues en début de mandat du président actuel. Mais, erreur !

Les manifestations contre un troisième mandat ne sont en rien comparables à celles qui avaient été enregistrées en Guinée entre 2012 et 2013, quoique violentes et paralysantes. A l’époque, Alpha Condé venait d’être élu ; et, surtout, ses promesses faisaient encore rêver tant en Guinée qu’au niveau international…

Les manifestations annoncées contre sa volonté de changer la Constitution dans l’unique but de se maintenir au pouvoir sont d’abord et avant tout soutenues par l’opinion publique nationale et internationale, avide d’alternance, la sève nourricière de la démocratie. Et, leur répression (comme celles de 2012 et 2013) déclenchera quasi automatiquement une réaction de la communauté internationale. Des membres des forces de sécurité pourraient être poursuivis au niveau international, de même que les officiels du Gouvernement, de la présidence de la République et tout autre acteur qui s’afficherait comme promoteur de la violation de la Constitution. C’est à ce niveau que les listes déjà publiées par le FNDC et la lettre adressée à la Cour Pénale Internationale pourraient servir…

Par ailleurs, l’annonce du début des manifestations dès le lundi prochain sème déjà le doute sur la réalisation des activités prévues par des ONG et institutions la semaine prochaine. Ce qui entraîne une baisse d’activités, donc de financement des projets en faveur de la Guinée ! « Notre programme pourrait être reporté puisque nous ne pouvons pas sortir s’il y a des troubles dans la ville », a annoncé un partenaire au téléphone de Guineematin.com hier soir.

Bref, comme sous Lansana Conté, la volonté du régime Alpha Condé de changer la Constitution pourrait d’abord entraîner la baisse des activités. Pour faire face à la demande sociale et payer au moins les salaires, les autorités useront de la planche à billets. Ce qui entraînera la chute de la monnaie. Et, les prévisibles répressions des manifestants conduiront inéluctablement à des sanctions au niveau international comme l’interdiction de voyage, le refus d’asile pour « les criminels » et au bout du compte la fin du régime…

Le président Alpha Condé peut-il encore sortir par la grande porte ?

Il suffit au chef de l’Etat d’annoncer officiellement qu’il ne sera pas candidat et de s’engager à passer la main au nouvel élu pour tout décrisper. Et, la mise en oeuvre de cet engagement permettrait au président Alpha Condé d’éviter à la Guinée toute autre velléité de se maintenir au pouvoir à la fin de son mandat ; surtout, de barrer la route à tous ceux qui rêvent d’accéder à la magistrature suprême de notre cher pays par un putsch militaire ou la pression de la rue…

A suivre !

Nouhou Baldé pour Guineematin.com

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