Depuis quelques temps, une situation déplorable se passe au niveau du pont de Gbessia sur l’autoroute Fidel Castro. Des citoyens ont transformé les lieux en toilettes où ils viennent faire leurs besoins biologiques. Cette situation affecte sérieusement les femmes qui vendent dans les environs. Elles ont du mal à respirer à cause des mauvaises odeurs, ont-elles expliqué à un reporter que Guineematin.com a dépêché sur place.

M’mah Diawara, vendeuse en bordure du marché de Gbessia

M’mah Diawara est vendeuse de citrons en bordure du marché de Gbessia, c’est-à-dire à quelques microns du pont situé à cet endroit. Un endroit difficile à vivre pour elle. Car chaque jour, elle doit faire face aux odeurs irrespirables des urines déversées sous ce pont, devenu une toilette pour certaines personnes. « Ce qui nous fatigue ici, ce sont les odeurs nauséabondes des urines. Chaque matin, si nous voulons vraiment vendre ici, il nous faut acheter de l’eau de javel pour nettoyer ici. On ne connait pas l’identité réelle de ceux qui font ça, parce que c’est pendant la nuit qu’ils viennent uriner ici. Quand ils viennent pendant la journée, je m’oppose à eux en leur disant que ce n’est pas une toilette ici. Nous souffrons ici beaucoup », déplore cette dame.

Hawa Kourouma, vendeuse en bordure du marché de Gbessia

Les mêmes plaintes se font entendre chez Hawa Kourouma, vendeuse de concombre au même endroit. « On souffre ici mais on n’a pas de moyens pour faire face à cette souffrance quotidienne. Quand nous sommes là, on ne peut pas tranquillement. Ces odeurs des urines nous causent même des maladies, actuellement moi je souffre de la grippe. Si les autorités pouvaient nous aider, ça allait vraiment nous faire plaisir ».

Abdoul Gadiri Kébé, secrétaire général de ce marché

Du côté des autorités du marché de Gbessia justement, on dit avoir tenté de mettre fin à cette situation, mais sans succès. Aujourd’hui, Abdoul Gadiri Kébé, le secrétaire général de ce marché, se montre impuissant. « Nous sommes très contents de votre venue ici. En ce qui concerne le problème d’urine sous le pont, on a fait notre mieux. Le commissaire Mandjou, quand il était venu nouvellement, il avait mis une équipe dynamique qui était là pour sillonner pour ne pas que les gens urinent là-bas. On avait même écrit sur les pancartes qu’il est interdit d’uriner là-bas et que tout contrevenant s’expose au payement d’une amende de 500 000 francs. Mais, le marché est très difficile à gérer. Dès que certains agents de sécurité ont été déployés ailleurs, on n’a pas pu maîtriser la situation. Ce sont des gens qui sont anormales et des soulards qui se livrent à cette pratique. Il y a aussi des personnes malintentionnées qui sont parmi nous. Ils le font le plus souvent la nuit. On ne peut pas se bagarrer contre des fous et des délinquants sinon les gens vont nous traiter de fous et de délinquants aussi », estime ce responsable du marché de Gbessia.

Tout porte à croire donc que cette situation, quoique difficile à supporter pour les vendeuses qui passent leurs journées à côté du pont de Gbessia, devrait bien se poursuivre encore. Et on ne sait pas jusqu’à quand.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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