Les chaines de télévision étrangères sont de nos jours très prisées dans les foyers à travers la Guinée. Des chaines comme Novelas, Zee Magic et autres inondent les concessions, regroupent femmes et enfants, qui maîtrisent par chœur les noms de tous les protagonistes. Mais, l’on remarque souvent dans certains épisodes des scènes choquantes, liées au sexe et qui peuvent heurter la sensibilité, notamment des mineurs. Pour parler de ce sujet, un reporter de Guineematin.com s’est entretenu ce vendredi, 4 octobre 2019, avec Dr Alhassane Chérif, Psychologue clinicien, Psychanalyste, professeur d’université et écrivain.

Les chaines de télévision indiennes, brésiliennes, mexicaines, philippines et autres montrent souvent des images indécentes, en présence le plus souvent de femmes et de jeunes téléspectateurs. A défaut de toute censure, ces images ne sont pas sans conséquences sur les mineurs.

Selon Dr Alhassane Cherif, la sexualité est une question taboue dans les sociétés africaines en général, et celles guinéennes en particulier. Donc, suivre ces chaines de télévision en présence des enfants peut souvent avoir de graves conséquences sur leur éducation, soutient notre interlocuteur. « Chez nous en Afrique, et en Guinée spécifiquement, tout ce qui est sexualité est tabou. Ça ne se discute pas entre parents et enfants. Donc pour ainsi dire, les enfants volent ici l’image. L’image qui est vue, ils l’interprètent à leur manière. (…) Les chaines Novelas peuvent avoir deux impacts possibles sur les enfants : ou l’enfant devient précoce. C’est-à-dire qu’il veuille découvrir très tôt la sexualité, il se livre à la sexualité alors qu’il n’a pas d’information. Là, il peut arriver pas mal de problèmes. Soit l’enfant est un peu dégouté de cela et se rétracte, se freine par rapport à la sexualité. Il y a les deux versants. Donc, il faut carrément interdire ça aux enfants parce que ça a des conséquences sur leur éducation, sur leur devenir de femme », a-t-il prévenu.

En outre, Dr Cherif déplore le fait que de nos jours, la sexualité soit devenue précoce, sans aucune éducation en la matière pour les adolescents et adolescentes. Selon lui, ce comportement peut-être dû au laisser-aller constaté à travers les séries télévisées. C’est pourquoi, Dr Cherif suggère l’éducation parentale pour faire face à ce défi. « Maintenant, la pratique de la sexualité en Guinée est précoce, c’est plus en avance que maintenant. Parce qu’avant, la fille venait au mariage sans avoir faire l’amour avec un homme. Mais maintenant, il parait que c’est dépassé. Mais, même quand c’est dépassé, il faut qu’on suive. Il faut qu’il y ait une vraie information, une vraie éducation sexuelle pour ainsi dire pour que l’enfant soit informé de tout ce qu’il voit. Mais le tabou en Afrique, on ne parle pas de sexualité avec ses enfants. C’est la honte, ça ne se fait pas. Alors que les mamans, avec leurs filles, elles doivent en parler. Cela, avant même l’arrivée des premières menstrues, quelles en parlent, pour dire voilà ce que tu as vu là, quand tu va te marier, tu vas embrasser ton mari, tu vas faire l’amour avec lui. Mais malheureusement, ça ne se dit pas. C’est cela aussi un des problèmes. Donc pour éviter tout ça, il faut interdire certaines visions d’images à l’enfant en bas âge », a-t-il conseillé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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