Dans de nombreux marchés de Conakry, on rencontre des maquis, des débits de boissons alcoolisées, fréquentés par des jeunes désœuvrés, qui se livrent à la consommation de l’alcool et du chanvre indien. Une situation qui favorise la délinquance et même l’insécurité. Le marché de Nongo-Kiroti, derrière le stade de Nongo, dans la commune de Ratoma, est une parfaite illustration de ce laisser-aller. On y rencontre au moins dix sept (17) maquis, a appris un reporter que Guineematin.com a dépêché sur place.

Les marchés de Koloma, de Kiroti, de Sangoyah-Pharmacie, de Démoudoula, les débarcadères de Dixinn Port, de Kaporo, de Nongo, de Bonfi, entre-autres, sont envahis de maquis où la consommation de l’alcool et de la drogue se fait à ciel ouvert.

Le petit marché de Nongo-Kiroti, dans la commune de Ratoma, compte de nos jours quelques dix sept (17) maquis où l’alcool coule à flot. La drogue y est également consommée. Certains évoquent même des cas de prostitution dans ce marché, créé depuis 1998.

Mamadou Dian Diallo, administrateur du marché Nongo Kiroti

L’administrateur du marché, Mamadou Dian Diallo, est aujourd’hui impuissant devant les difficultés qui minent les lieux. « Pendant toute la journée, on ne fait qu’entendre de la musique dans le marché. Ce qui est incompatible avec le fonctionnement d’un marché. Des maquis dans un marché, c’est inacceptable. J’ai demandé à tous les responsables de ces maquis de me présenter des papiers qui prouvent que l’Etat leur a donné une autorisation d’ouvrir un maquis ; mais, ça n’existe pas. Car la mairie ne va jamais donner une autorisation d’ouvrir un maquis dans un marché. Donc, ce sont des fictifs, des clandestins. De nos jours, on compte dix sept (17) maquis dans le marché, avec des jeunes qui viennent passer toute la journée à boire de l’alcool, qui vont se transformer en délinquant et créer l’insécurité au niveau du marché ».

Par ailleurs, Mamadou Dian Diallo dénonce la sous-traitance des magasins par ceux qui les ont reçus des mains de la mairie, pour les transformer en maisons d’habitation. « Cette responsabilité incombe aux propriétaires des magasins. Quand la mairie t’attribue un magasin pour faire le commerce, toi tu viens fermer le magasin ou bien tu le donnes aux gens pour y habiter, comment est ce que le marché va se développer ? L’habitation est incompatible avec le commerce. Personne n’a fait rentrer les gens dans les magasins si ce n’est pas les propriétaires, car ce sont eux qui viennent à la fin du mois pour réclamer l’argent. L’argent ne tombe pas dans las mains de l’administrateur, ni chez le comptable. L’argent tombe dans les mains de ces propriétaires », a déploré l’administrateur du marché de Kiroti.

En outre, Mamadou Dian Diallo est confronté au non payement des taxes par les occupants des magasins, pour une modique somme de 5000 francs guinéens par mois. « Nous avons des difficultés pour les recettes car les gens qui occupent les boutiques n’acceptent pas de payer. Imaginez une boutique qui ne paye que 5000 FG par mois, une somme dérisoire, comparativement à une étalagiste qui paye 500 francs par jour, ça lui fait 15 000 francs le mois ».

Des mesures ont été prises ces derniers temps en vue de remettre de l’ordre au niveau du marché de Kiroti. Un délai a été donné aux occupants illégaux pour qu’ils se régularisent ou qu’ils quittent les lieux, apprend-on. Selon l’administrateur dudit marché, « pour le moment, nous sommes en période de sensibilisation. Je leur ai donné un délai de trois mois, à savoir Octobre-Novembre-Décembre. C’est-à-dire qu’avant Janvier 2020, ils doivent quitter pour aller chercher des logements dans les quartiers. Quiconque ne quitte pas jusqu’en janvier 2020, nous serons obligés de le vider. Vous savez, on a besoin de récupérer les locaux pour faire le commerce, surtout que la loi nous donne le pouvoir de le faire ».

Enfin, Mamadou Dian Diallo lance un appel aux autorités pour « désenclaver la route de 20 mètres qui existe entre le stade de Nongo et le marché de Kiroti. Si cette route est désenclavée, le marché va démarrer à 100% », estime l’administrateur du marché.

Aissatou Sow pour Guineematin.com

Tel : 628 50 73 80

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin