L’opposition entre les deux groupes qui se battent pour le contrôle du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) se transporte sur le terrain judiciaire. Aboubacar Soumah et Kadiatou Bah, irréductibles adversaires, se présentant chacun secrétaire général du SLECG, étaient tous à la barre du tribunal de Dixinn ce mercredi, 9 octobre 2019, dans deux procédures distinctes, a appris sur Guinematin.com à travers un de ses reporters.

L’adversité ne retombe pas dans la guerre de leadership qui mine le SLECG depuis un certain temps. Dans la bataille judiciaire qui oppose les deux camps, il y a deux procédures distinctes : dans la première affaire, c’est Kadiatou Bah qui poursuit Aboubacar Soumah et Mohamed Bangoura pour diffamation et injures. Dans la seconde affaire, c’est Aboubacar Soumah et Mohamed Bangoura qui poursuivent Kadiatou Bah et son groupe pour diffamation, injures et dénonciation calomnieuse.

A l’ouverture de l’audience de ce mercredi, le tribunal a procédé à la fixation de la consignation à 500 mille francs guinéens pour le second dossier qui est à sa première phase, avant de le renvoyer au 23 octobre pour l’ouverture des débats.

Ensuite, les débats vont s’ouvrir dans le premier dossier où Aboubacar Soumah et Mohamed Bangoura sont poursuivis pour injures et diffamation. Dès l’entame du procès, les avocats de la défense vont soulever des exceptions d’irrégularité de la procédure. Maître Salifou Béavogui, un des avocats de la défense, va demander au tribunal de déclarer nulle la présente procédure.

Selon lui, c’est une procédure teintée d’irrégularités et de règlements de compte. « La date de naissance et la nationalité de la plaignante ne figurent pas dans l’exploit de citation directe de madame Kadiatou Bah, datée du 24 juillet 2019. Ensuite, la loi sur la cyber-sécurité indiquée dans l’exploit n’a pas été publiée au journal officiel de la République. Or, la publication de cette loi est obligatoire pour la rendre opposable aux citoyens. C’est pour tous ces motifs qu’on vous demande d’annuler cette procédure et de renvoyer les parties à mieux se pourvoir », a sollicité maître Salifou Béavogui.

Dans leur réponse, les avocats de Kadiatou Bah diront que les exceptions soulevées ne tiennent pas la route. « Ces exceptions soulevées n’ont rien à voir avec l’exploit de citation. C’est du dilatoire. Il prend le fond de l’affaire et il ramène ça dans les exceptions. Je vous demande d’écarter ces exceptions soulevées et d’ordonner l’ouverture des débats au fond », a rétorqué maitre Maurice Saa Tolno.

Finalement, le tribunal a mis cette demande en délibéré pour décision être rendue le 23 octobre 2019.

A rappeler que toutes les deux camps, véritables frères ennemis, étaient présents à l’audience de ce jour.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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