Julien DRAMOU, Président fondateur du Mouvement « NOUVELLE RÉPUBLIQUE

« Il est ainsi aisé de comprendre que ce rapport qui manque d’analyses pertinentes, qui ne décline pas la méthodologie de travail, qui n’a pas de données (qualitatives et quantitatives) harmonisées, qui ne contient pas de page de synthèse des grandes conclusions, qui ne fait pas de recommandation ne peut objectivement servir de base à une prise de décision qui touchera la vie des générations à venir, si je mesure bien l’ampleur »

Conakry, le 11 Octobre 2019

LETTRE A SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Objet : Avis sur la synthèse de la consultation nationale sur une nouvelle constitution

Excellence Monsieur le Président,

Voici un peu plus de trois mois que je vous adressais une première lettre ouverte au sujet de la problématique d’une nouvelle constitution en Guinée. Il s’agissait dans ce courrier de décliner objectivement par ma voix, quelques aspirations profondes de nombreux (euses) compatriotes qui m’ont d’ailleurs témoigné leur sympathie en adhérant massivement au mouvement politique que j’ai l’honneur de conduire aujourd’hui.

Fort heureusement pour ces milliers de Guinéens et Guinéennes, la recommandation de ma lettre quant à l’organisation d’une consultation nationale a été entendue et vous avez daigné instruire à votre Premier Ministre, Chef du Gouvernement, dans une adresse officielle à la nation, d’initier une consultation nationale. Acte pour lequel le mouvement « NOUVELLE REPUBLIQUE » vous félicite et vous remercie.

Aujourd’hui, par la force des choses et dans des conditions pas très appréciables à mon avis, cette consultation a été mise en œuvre et un rapport vous a été transmis. Ce rapport, qualifié de ou titré « SYNTHESE DE CONSULTATIONS DE MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT AVEC LES INSTITUTIONS REPUBLICAINES ET LES ACTEURS SOCIOPOLITIQUES » est supposé être une des références ou bases devant vous permettre de vous prononcer sur l’appel à un referendum.

Il s’agit donc d’un document de première importance dans l’acte qui pourrait conduire notre nation vers une renaissance souhaitée paisible. Il est ainsi de mon devoir en tant que citoyen et en ma qualité de Responsable d’un mouvement politique qui se veut acteur de premier plan, dans l’enracinement de la démocratie « nouvelle génération » en Guinée, d’attirer votre attention sur les nombreux manquements qui ont jalonné la procédure de consultation et les faiblesses du rapport tant sur la forme que sur le fond.

Sur les manquements au niveau de la procédure :

Dans votre adresse à la nation, vous mentionniez, je cite : « …j’ai le devoir d’écouter tout le monde. Pour ce faire, j’instruit le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, d’initier des consultations avec les institutions républicaines, …. ». Il apparait clairement que vous avez demandé d’initier et non de mener ou conduire. A ce niveau il y a déjà vice de forme.

Pour nous de la NOUVELLE REPUBLIQUE, l’écoute de tout le monde devait s’étendre aux citoyens, même n’appartenant pas à une organisation formelle quand ils ont la volonté de participer au débat. Et surtout ceux de l’intérieur et de l’extérieur du pays qui ont été omis ou simplement occultés de la consultation. Le fait de trier sur le volet en envoyant des courriers donne un caractère sélectif et par conséquent, d’exclusion.

Cette consultation (sondage) devait être menée par une structure spécialisée et non par une personne ou aurait pu consister à mettre en place une commission nationale, ayant des représentations dans toutes les villes du pays, chargée de recueillir tous les avis comme vous l’avez demandé, sur la base d’un questionnaire ou formulaire (canevas) précis et harmonisé pour tous les participants au sondage (puisqu’il s’agit d’un sondage, si j’ai bien compris votre instruction). Également, le peuple devait être informé sur le calendrier du déroulement des collectes et les lieux de collectes (adresse des commissions mises en place sur tout le territoire). Toutes les données (avis) collectées auraient dû faire l’objet de centralisation et d’analyses dont le rapport contiendrait le condensé et des recommandations pertinentes. Et cela, c’est du travail qui se prépare et ne se déroule pas en deux semaines. Je comprends bien l’urgence peut être de la décision à prendre, mais hélas ! Aujourd’hui, vous avez dans vos mains, un rapport sur quelques avis de la zone restreinte de Conakry qui n’est pas représentative de la nation. La nation ne se limitant d’ailleurs pas aux leaders politiques encore une fois !

Sur les faiblesses du rapport

Partant de la structure du rapport, je constate qu’il contient (1.) une page de garde, (2.) une page de sommaire (table des matières) qui résume pour l’essentiel la liste des organisations consultées, (3.) un corps du rapport qui porte sur (3.1.) une introduction d’à peu près 10 lignes, (3.2.) le contenu très long des entretiens sur près de 30 pages et (3.3.) une conclusion de 4 lignes.

Certaines expressions du rapport sont très subjectives et ne donnent aucun caractère sérieux au document. Je m’en vais en citer quelques-unes à titre d’exemple :

Page 3 du rapport : avis de l’assemblée nationale. « … le souhait d’élaborer le texte de la nouvelle constitution, pour mieux faciliter la compréhension et une bonne communication des messages mobilisateurs ».
Remarque : Ce n’est pas à l’assemblée nationale de conseiller sur les messages mobilisateurs. Cela n’est pas l’objectif de cette consultation.

Page 5 du rapport : Avis du Conseil Economique et Social. « …concernant la nouvelle constitution, elle a dit soumettre la question au débat et à l’avis des conseillers, au cours de la session du conseil économique et social du 17 septembre prochain. Ensuite, les réactions parviendront au Premier Ministre par écrit »
Remarque : la réaction attendue du conseil économique et social n’apparaît nulle part dans le rapport.

Page 28 du rapport : avis de FAPAGUI : « …Oui ! Oui ! Oui ! (trois fois pour manifester le total soutien…».
Remarque : cette triple affirmation dans un tel rapport n’a pas de raison d’être car n’impacte pas le sondage objectif.

Page 30 du rapport : avis de AFCG : « …Oui ! Oui pour la nouvelle constitution… ».
Remarque : cette double affirmation dans un tel rapport n’a pas de raison d’être car n’impacte pas le sondage objectif.

Il est ainsi aisé de comprendre que ce rapport qui manque d’analyses pertinentes, qui ne décline pas la méthodologie de travail, qui n’a pas de données (qualitatives et quantitatives) harmonisées, qui ne contient pas de page de synthèse des grandes conclusions, qui ne fait pas de recommandation ne peut objectivement servir de base à une prise de décision qui touchera la vie des générations à venir, si je mesure bien l’ampleur. Nous sommes donc à la case de départ encore. Cela n’engage que moi. Et une importante partie de la population reste encore sur sa soif quant à cette consultation nationale.

Par ailleurs, à la lecture de ce rapport, il ne ressort nulle part, le taux de participation par rapport à la population cible attendue, le pourcentage de la représentativité du peuple (population sondée), la taille de la population cible par rapport au nombre de guinéens (données de recensement général), etc.

Il vous plaira donc, Excellence Monsieur le Président de la République, maintenant que le rapport vous a été transmis de voir dans quelle mesure vous pouvez affiner son contenu pour le comprendre ou utiliser d’autres références pour fonder votre décision. Toujours est-il que la vaillante jeunesse guinéenne tient au projet de renaissance de la Guinée, pour un nouveau départ que vous aurez certainement le mérite d’amorcer sans l’intention bien entendu de briguer un nouveau mandat. Nous vous en resterons éternellement reconnaissant et inscrirons votre nom en lettre d’or dans les annales de l’histoire de la Guinée.

Cette procédure de refonte constitutionnelle doit être dépourvue de toute tache, garder toute sa dimension nationale et inclusive, et le MOUVEMENT NOUVELLE REPUBLIQUE (MNR), consulté ou pas consulté apportera autant que possible, toute sa contribution par des propositions et des actions jusqu’au jour où la victoire d’une nouvelle constitution sera obtenue maintenant ou les années à venir.

Je vous prie, Excellence Monsieur le Président, de trouver ici, l’expression de ma très haute considération.

Votre humble compatriote

Julien DRAMOU,

Président fondateur du Mouvement

« NOUVELLE RÉPUBLIQUE »

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