Un violent affrontement entre les membres du syndicat des transporteurs indépendant est survenu ce vendredi, 11 octobre 2019, à leur gare routière, située au quartier Gare, dans la commune urbaine de Kankan. Les responsables de cette gare routière privée accusent des éléments de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG), d’être à l’origine des attaques à jets de pierre dont ils ont été victimes, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

L’atmosphère était chaude ce vendredi au siège des transporteurs du syndicat indépendant de Kankan, situé en bordure de route dans le quartier Gare. A l’origine de cette querelle, le refus des indépendants de rejoindre la grande gare régionale située au quartier Aéroport comme le veut une partie du bureau régional. Avant l’arrivée des autorités, des véhicules ont été endommagés, plusieurs personnes ont été blessées, d’autres ont été conduites à l’hôpital.

Après avoir résisté à une pluie de cailloux, N’fally Keita, secrétaire chargé à l’organisation du syndicat des indépendants, est revenu sur ce qu’il a vécu. « Ils nous ont attaqués d’abord à notre place qui se trouve sur la route de Kouroussa. Il y a vraiment eu des jets de pierre. Ils se sont embarqués ensuite dans un véhicule pour venir s’attaquer aussi à nous ici. Nos véhicules ont été caillassés. Au moins quatre personnes ont été grièvement touchées », a-t-il expliqué.

Les nerfs à vif, N’fally Kéita, pointe du doigt la CNTG et un de ses principaux leaders, Salah Kourouma. « Nous ne sommes pas du même bord que la CNTG. Ils n’ont pas le droit de quitter chez eux pour venir s’en prendre à nous. Mais l’instigateur de tout ça, c’est Salah. Il dit qu’aucune gare routière n’ouvrira en dehors de la leur. La prochaine fois qu’ils reviendront, en cas de mort d’homme, ce sera aux autorités d’endosser le pot cassé », a-t-il laissé entendre.

Dans la foulée, le préfet de Kankan arrive sur les lieux. Aussitôt, Aziz Diop invite les responsables à une discussion. « Nous ne voulons pas d’affrontement. Ce qu’on vous demande, c’est de choisir dix personnes qui me trouveront au bureau. Nous allons finir avec ça aujourd’hui », a lancé monsieur Diop.

Mais, pour le leader du syndicat indépendant, l’heure n’est plus aux négociations. « Nous n’irons pas négocier. On négocie pour éviter le conflit. Mais après le conflit, à quoi bon de négocier ? »

En marge de cet affrontement, la cafétéria d’un citoyen a été vandalisée et pillée. Le propriétaire, Moussa Konaté, impute la responsabilité aux syndicalistes de la CNTG et promet de les poursuivre en justice pour le préjudice qu’il a subi. « Ce matin, nous étions calmement assis ici quand ils se sont brusquement attaqué à nous. J’ai été lapidé au bras gauche. Je n’arrive même pas soulever la main. Mes enfants qui étaient avec moi ont été aussi lapidés. Ils n’ont pas pu me secourir. Ils ont emporté presque tout ce que je possédais dans mon bar : ma recette, les sommes d’argent que je gardais pour les autres. Mes thermos et mes vers ont été cassés. Il faut que l’autorité me rétablisse dans mon droit. Sinon, j’irai me plaindre partout où je pourrai ».

A noter que les responsables de la CNTG refusent de commenter cette situation. Salah Kourouma, cité comme étant le cerveau de ces affrontements, les quatrièmes du genre à en croire le camp des syndicats indépendants, refuse de se prononcer sur le sujet.

A suivre !

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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