Les manifestations appelées par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) ont endeuillé de nombreuses familles suite à l’intervention des forces de l’ordre. Parmi ces victimes, figure le jeune Mamadou Karfa Diallo, élève en classe de 10ème année, tué par balle au quartier Wanindara, dans la journée du lundi 14 octobre 2019. Ses parents et amis sont toujours sous le choc et accusent des gendarmes de l’avoir assassiné, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Mamadou Karfa Diallo a été tué par balle quelques heures après le début de la manifestation du FNDC avant-hier lundi. Sa famille et un rescapé accusent des gendarmes d’avoir ouvert le feu sur ce jeune élève.

Salimou Bah, rescapé

Selon Salimou Bah, un de ses amis, c’est bien un gendarme qui a tiré sur Karfa. « On était assis derrière la cour lorsqu’on a aperçu deux pick-up de la gendarmerie venir : l’un est venu d’un côté, l’autre de l’autre côté, ils nous ont ceinturé. Puisqu’on avait plus où aller, on a donc essayé de fuir pour rentrer dans la cour. Dans nos manœuvres pour ouvrir le portail de la cour, un gendarme armé d’un fusil PMAK a tiré sur les deux jeunes. Je veux parler de Mamadou Karfa Diallo et de Thierno Sadou Bah. Sinon nous, nous ne manifestions pas. Nous étions juste assis derrière la cour. Après avoir tiré sur eux, le gendarme est venu braquer son fusil sur moi aussi, il a dit qu’il va achever Thierno Sadou Bah qui n’était pas encore mort et me tuer moi aussi. Je l’ai alors supplié de ne pas le faire. Je lui ai dit que déjà le second est sur le point de mourir. C’est ainsi qu’il a insulté ma mère, et m’a dit de dire d’accord, j’ai obtempéré. Ça, il l’a fait au moins trois fois, j’ai dit aussi d’accord trois fois. C’est ainsi qu’il a enlevé son fusil sur moi et est remonté dans leur pick-up », a témoigné Salimou Bah.

Mamadou Aliou Diallo, père du défunt Karfa Diallo

Interrogé par le reporter de Guineematin.com, Mamadou Aliou Diallo, père du défunt Karfa Diallo, a dit avoir appris ce décès avec beaucoup de tristesse. Selon lui, son fils était malade ce jour et avait passé une bonne partie de la matinée au lit. « Nous souffrons ici. En plus du fait qu’ils aient tué mon fils, hier nuit encore les forces de l’ordre rentraient dans le quartier pour dicter leur loi sur les paisibles citoyens. Ils viennent lancer du gaz lacrymogène sur les gens, les frapper et les arrêter. Nous voulons que ça s’arrête. Nous souhaitons porter plainte. Mais, même si on le fait, est-ce que cela peut changer quelque chose ? Qu’est-ce qui peut remplacer la vie de mon enfant ? La seule chose que nous demandons à l’Etat, c’est de faire arrêter les exactions dont nous sommes victimes et nous restituer le corps de mon enfant. Nous voulons nous-mêmes l’enterrer», a-t-il souhaité.

A noter que le défunt, Mamadou Karfa Diallo, était originaire du district de Dar-Es-Salam, relevant de la sous-préfecture de Porédaka, dans la préfecture de Mamou.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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