Comme annoncé précédemment, le procès de 42 citoyens arrêtés pour avoir manifesté à Mamou contre un troisième mandat du président Alpha Condé en début de cette semaine s’est ouvert ce mercredi, 16 octobre 2019, au tribunal de première de Mamou. Mais, l’audience a été renvoyée sine die cet après-midi à cause des échauffourées en cours à Petel, l’un des quartiers les plus chauds de la commune de Mamou pendant ces manifestations anti-troisième mandat appelées par le FNDC, a appris Guineematin.com de sources locales.

Poursuivis avec des accusations de « participation délictueuse à un attroupement, entrave à la libre circulation sur la voie publique, destruction de biens publics et privés, coups et blessures, violences volontaires et voie de fait », les 42 manifestants du front national pour la défense de la constitution, arrêtés ont été présentés ce mercredi au tribunal de première instance de Mamou. Mais, la tension en cours dans la ville a écourté les débats. C’est un seul prévenu qui a été entendu à la barre. Et, pour des « raisons de sécurité », l’audience a été ajournée.

« On était tous dans la salle d’audience, on était bien motivé à commencer les débats aujourd’hui et à les continuer jusqu’au bout. Mais, malheureusement, dès que nous avons débuté, on a appris qu’il y a des manifestants qui sont au niveau du pont de Petel et qui se dirige vers le tribunal. Et, si c’est le cas, nous, on est dans l’obligation d’arrêter. Parce qu’on n’est pas tellement en sécurité pour nous permettre de continuer les débats. C’est pourquoi, le tribunal a estimé qu’il fallait renvoyer à une date ultérieure. Le temps pour nous de prendre toutes les dispositions pour continuer les débats », a dit le procureur Elhadj Sidiki Camara à sa sortie d’audience.

Présent à l’ouverture de cette audience, Me Paul Lazard Joachim Gbilimou, l’avocat des prévenus souscrit à ce report qui devrait permettre d’organiser et mettre en place un dispositif permettant la tenue, en toute sécurité, d’un procès au tribunal de Mamou.

« J’ai été envoyé à Mamou pour défendre ces 42 personnes qui sont arrêtées-là. Et, vous avez constatez ce matin l’ouverture du procès. Mais, pour des questions de sécurité, l’audience a été renvoyée à une date ultérieure ; jusqu’à ce que le parquet, en collaboration avec les unités de police et de gendarmerie, essaient de mettre en place une mesure de sécurité pour la protection du tribunal et son personnel et de l’avocat qui va défendre les 42 personnes qui sont interpellées… Parce qu’il y a la tension, il y a un risque de soulèvement. Donc, puisque les agents qui sont affectés pour la sécurité du tribunal sont minimes par rapport à ce qu’on devait envoyer, le tribunal, sur proposition du parquet, a décidé de renvoyer sine die. Ils ont fait appel aux autres préfectures pour faire venir des agents en renfort pour que le tribunal soit sécurisé », a expliqué Me Paul Lazard Joachim Gbilimou, envoyé à Mamou par le collectif des avocats du front national pour la défense de la constitution.

A suivre !

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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