Comme annoncé précédemment, Thierno Sadou Bah, âgé de 21 ans, originaire du district de Dar-Es-Salam, relevant de la sous-préfecture de Porédaka dans la préfecture de Mamou, a été tué par balle lundi dernier auprès du domicile familial à Wanindara, dans la commune de Ratoma. Au lendemain de ce meurtre, la maison mortuaire a encore reçu la visite des forces de l’ordre majoritairement des gendarmes, qui ont jeté des gaz lacrymogènes et violenté certains membres de la famille, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Mamadou Diouhé Bah, père du défunt

Selon Mamadou Djouhé, le père de la victime, c’est le lundi, 14 octobre aux environs de 14 heures, que des gendarmes à bord de pick-up sont venus ouvrir le feu sur deux jeunes de la même famille dont son fils Thierno Sadou Bah. Après la prière de 14 heures, un groupe de gendarmes est venu dans le quartier. Et, c’est en ce moment qu’un d’entre eux a tiré sur deux de nos enfants qui étaient dehors en même temps. Ils en sont tous morts. Moi, je ne pardonne pas celui qui a tué mon enfant Thierno Sadou. Car tu ne peux jamais aimer celui qui a tué ton enfant. Mon fils n’avait pas de problème, il ne ment pas et ne vole pas. Il était respectueux et aimait tout le monde. Je dénonce cette façon de faire des forces de l’ordre. Maintenant, ce n’est plus dans les rues qu’ils tuent nos enfants, ils viennent jusque dans les quartiers pour tirer sur nous. Il faut que cela cesse », a-t-il lancé.

Mamadou Bobo Bah, oncle du défunt

De son côté, Mamadou Bobo Bah, oncle du défunt Thierno Sadou Bah, a aussi fustigé ce comportement des forces de l’ordre. Selon lui, son neveu a été tué alors qu’il tentait de sauver Mamadou Karfa Diallo, un autre jeune qui avait reçu une balle. Il promet de porter plainte auprès de la justice. « Nous allons porter plainte. Nous demandons justice. Il faut qu’il y ait justice. Nous ne voulons plus jamais ça. Nous réclamons justice pour ces tueries barbares. Nous sommes tous citoyens de ce pays. On ne doit pas accepter que des gens viennent se jeter sur nous pour nous tuer ainsi. Nous allons porter plainte et nous réclamons justice », a-t-il dit.

Après le meurtre de Thierno Sadou Bah, sa famille a été victime d’autres exactions de la part des forces de l’ordre. Alors qu’ils étaient réunis pour les condoléances d’usage, les agents de sécurité sont venus s’en prendre à eux.

Thierno Sadou Bah, oncle et homonyme du défunt

Thierno Sadou Bah, oncle et homonyme du défunt, dit avoir reçu une balle tirée par des gendarmes à la cheville. « Hier mardi, nous recevions nos proches pour la présentation des condoléances, des gendarmes sont venus à bord de deux pick-up et fait irruption dans la cour. Ils ont tout fait sauf du bien. Ils nous ont jeté du gaz lacrymogène, frappé les enfants, les femmes, et les vieux. Malgré tout cela, un d’entre eux a pris une arme à feu et a tiré sur mon pied. C’est à l’hôpital que la balle a été extraite. Cette attitude des forces de l’ordre dépasse mon entendement. Je suis sans mots aujourd’hui parce que si ce sont des gens qui sont censés nous sécuriser qui viennent pour nous tuer, je n’ai pas de mots pour qualifier cela », a dit monsieur Bah qui se déplace aujourd’hui à l’aide de béquilles.

Les manifestations contre le tripatouillage de la constitution appelées par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) ont fait au moins 10 morts, 70 blessés par balles et près de 200 arrestations, selon le dernier bilan provisoire fourni par l’équipe d’assistance médicale du FNDC ce mercredi.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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