Comme annoncé précédemment, les forces de l’ordre se sont livrées à des exactions le mercredi dernier, 16 octobre 2019, troisième journée des manifestations contre un troisième mandat du président Alpha Condé à Mamou. Des gendarmes sont entrés dans le quartier chaud de Petel où ils ont violenté des citoyens et détruit plusieurs biens. Le correspondant de Guineematin.com dans la ville carrefour est allé à la rencontre de certaines victimes qui ont raconté ce qu’ils ont vécu.

Parmi les victimes, figurent des enseignants. L’un d’entre eux a accepté de témoigner sous anonymat. « Le mercredi, aux environs de 13 heures, des enfants qui étaient dans la rue ont accouru vers notre quartier. Ils étaient poursuivis par les forces de l’ordre. C’est ainsi que nous nous sommes précipités pour rentrer dans la chambre. Un gendarme est venu frapper à la porte, il nous a demandé d’ouvrir. On a ouvert la porte et nous avons dit que nous sommes des enseignants. Il nous a dit de présenter nos cartes d’identité, nous l’avons fait.

Quelques temps, il rappelle ses amis qui sont venus nous embarquer. Quand nous sommes arrivés au niveau de pont Petel, ils nous ont fait descendre, ils se sont mis à nous rouer de coups au niveau de la tête et des épaules. Heureusement, Dieu nous a sauvés mes deux amis et moi. Mon ami qui est professeur de physique a reçu un coup au niveau de la figure, et leurs téléphones ont été dépouillés », a-t-il expliqué.

Des agissements que regrette et fustige l’enseignant. « C’est seulement en Guinée qu’on voit ce genre d’actions : venir chez quelqu’un, l’agresser, le dépouiller et le bastonner à mort. Nous regrettons d’avoir des défenseurs comme ceux-ci. Les manifestants sont dans la rue, laisser les manifestants et venir dans nos domiciles pour agresser les gens, les insulter, les violenter, détruire leurs biens et emporter d’autres, où allons-nous ? Ils ont détruit même des ampoules, des chaises et des bols. C’est vraiment regrettable », a déploré notre interlocuteur.

Le domicile du proviseur Grand-Ducal de Mamou, Alpha Oumar Timbo Barry, a été également visité. Les gendarmes ont violenté les enfants qu’ils ont trouvés dans la maison, dont un handicapé. « Après avoir mangé, nous sommes rentrés pour faire une sieste, parce que depuis le lundi on ne va pas à l’école. Ils sont venus nous trouver dans notre case en défonçant la porte, mon cousin dormait. Ils ont dit : ce sont eux. Ils m’ont donné un coup dans le dos, ils ont pris un montant de 35 000 francs que j’avais en poche. Ils ont versé de l’essence sur mon cousin en le bastonnant. Ils ont voulu nous envoyer avec eux mais mon père s’est opposé », a témoigné l’un des enfants.

Plusieurs habitations de ce quartier ont reçu la visite des agents de maintien d’ordre. Partout, ils ont battu des citoyens et détruit de nombreux biens.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

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