Abdoulaye Oumou Sow, journaliste et blogueur guinéen, arrêté et emprisonné pour ses opinions contre un 3ème mandat du président Alpha Condé

Une semaine après leur arrestation, suivie des sévices corporels indescriptibles dans les lieux de détention, Abdourahmane Sanoh, Sékou Koundouno, Ibrahima Diallo, Abdoulaye Oumou Sow, Baïlo Barry, Bill de Sam et Mamadou Bobo Bah ont été reconduits à la Maison centrale de Coronthie où ils doivent attendre jusqu’au mardi, jour du verdict.

Hier, vendredi 18 octobre 2019, après les plaidoiries des avocats, le tribunal leur a donné la parole pour leur ultime défense. Très engagé pour la liberté d’expression et les droits humains, le journaliste est auteur de plusieurs éditoriaux publiés sur Guineematin.com où il n’a jamais fait mystère de son opposition contre la violation de la constitution et des lois dans son pays.

Comme on le sait, dans l’exercice de son métier de journaliste, il a souvent été menacé et même agressé sans renoncer pour autant à ce passionnant métier. Avec le soutien de Guineematin.com, il avait même poursuivi un gendarme qui l’avait agressé, alors qu’il couvrait une manifestation de la société civile en 2016. Même s’il paraissait un peu plus éloigné du terrain ces derniers temps, c’est parce qu’il donnait beaucoup plus de son temps à la défense de ses opinions sur son blog et sur les réseaux sociaux.

D’ailleurs, il a été l’un des premiers à annoncer la présence des agents de la sécurité qui rôdaient autour du domicile du coordinateur national du FNDC, Abdourahmane Sanoh, la veille de leur arrestation, la nuit du vendredi. C’était donc logiquement que le journaliste s’est rendu le lendemain au petit matin au domicile de monsieur Sanoh pour vérifier ce qui lui a été décrit au téléphone quelques heures plutôt. Surtout que les leaders du FNDC devaient animer une conférence de presse sur la première journée de manifestation le lundi, 14 octobre.

Malheureusement, le journaliste-blogueur sera arrêté, embarqué, torturé et détenu comme tous les autres. Et, ce qui est plus surprenant est son jugement comme si le fait de relayer ses opinions dans les médias ou aller au domicile d’une personnalité publique était devenu un crime en République de Guinée !

Pour son dernier mot à la barre, le journaliste et blogueur a dit son regret de n’être pas un Nigérien puisque Mahamadou Issoufou, le chef de l’Etat nigérien, a fait arrêter les promoteurs du troisième mandat, alors que chez nous, en Guinée, on arrête les défenseurs de la Constitution et on favorise les campagnes de promotion du 3ème mandat, menées sur le terrain par des ministres, directeurs et chefs des régies financières.

Abdoulaye Oumou Sow, journaliste et blogueur guinéen, arrêté et emprisonné pour ses opinions contre un 3ème mandat du président Alpha Condé

« J’aurais aimé être un Nigérien. Pourquoi un Nigérien ? C’est parce que dans ce pays, le président a ordonné l’arrestation des personnes qui avaient déclaré être pour qu’il brigue un 3ème mandat en violation de la Constitution. Mais, hélas, je suis guinéen, le pays de monsieur Alpha Condé. Monsieur le président, rendez-nous justice en rendant justice au peuple de Guinée », a dit le journaliste et blogueur, Abdoulaye Oumou Sow.

Propos recueillis par Salimatou Diallo pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin