Maître Alsény Aïssata Diallo

Comme indiqué dans une précédente dépêche de Guineematin.com, le procès des cadres du Front national pour la défense de la Constitution dont le vice-maire de Matam et premier responsable de l’UFR sont actuellement jugés au tribunal de première instance de Mafanco. Ils sont poursuivis pour les manifestations contre un troisième mandat du président Alpha Condé.

Dans sa plaidoirie, Me Alseny Aïssata Diallo, un des avocats de la défense du vice-maire de Matam et premier responsable de la jeunesse de l’UFR, a demandé à la présidente du tribunal de se souvenir des révolutions enregistrées au Burkina Faso, au Soudan et ailleurs pour élargir ces combattants de la démocratie et se mettre elle-même du bon côté de l’histoire.

Ci-dessous, l’essentiel de la plaidoirie de maître Alsény Aïssata Diallo :

Nos clients ont été arrêtés dans la cour, monsieur Badra a été arrêté dans sa cour par plus de 20 pick-up de policiers et de gendarmes. Mais ça, c’est la voie publique ça. Ils sont allés jusqu’à arrêter son grand frère qui avait des documents médicaux sur lui. Je suis désolé. J’ai vu des forces de l’ordre détruire tout sur leur passage pour interpeller monsieur Badra Koné.
Madame la présidente, les faits ne sont pas du tout établis. La concession de monsieur Badra n’est pas sur une voie publique, je n’ai vu aucune route traverser sa concession. Il a été interpellé à domicile, c’est cela des troubles à l’ordre public ? Je ne sais pas où nous allons.

De toutes les façons, madame la présidente, vous n’êtes pas liée aux réquisitions du ministère public. Tout laisse à croire que ce sont des réquisitions d’un ministère public pour le 3ème mandat. Mais ça, ça ne va pas prospérer.

Vous avez vu ce qui se passe actuellement au Soudan, c’est tout le monde qui se lève. On a vu ce qui s’est passé au Burkina Faso, on a parlé de sécurité présidentielle ; mais, quand tout le monde s’est levé, le président Blaise Compaoré a pris sa jambe au coup. Le peuple est plus fort que les réquisitions du ministère public.

Je vous prie, madame la présidente, de vous conformer aux dispositions des articles 497, 544 et 539 du code de procédure pénale. Ces articles disent que le juge ne peut fonder son jugement que sur des preuves apportées et discutées contradictoires devant lui à la barre. Aujourd’hui, quel a été le seul élément de preuve que le ministère public a réussi à apporter afin qu’il soit discuté contradictoirement devant votre tribunal ? Aucun élément. Il n’a pas pu envoyer aucune preuve que monsieur le maire a été interpellé dans la circulation, dans la voie publique…

A suivre !

Du TPI de Mafanco, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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