Le procès du vice-maire de la commune de Matam et premier responsable de la jeunesse de l’UFR, Aly Badra Cheickna Koné, s’est ouvert ce lundi, 21 octobre 2019, au tribunal de première instance de Mafanco. Poursuivi « pour usurpation de titre et de fonction et participation à un attroupement interdit », l’opposant a plaidé non coupable et expliqué n’avoir commis aucune infraction à la loi, a constaté un reporter de Guineematin.com qui est sur place.

A l’image des leaders du FNDC jugés la semaine dernière au tribunal de Dixinn, et de l’artiste et homme politique, Elie Kamano, jugé à Mafanco, Badra Koné est a comparu serein et déterminé à défendre son combat contre le projet de troisième mandat du président Alpha Condé. Le responsable de la jeunesse du parti de Sidya Touré a démenti ceux qui l’accusent d’avoir porté une tenue militaire et d’avoir tenu des propos graves dans une vidéo qu’il a publiée sur les réseaux sociaux à la veille de son interpellation.

« Madame la présidente (du tribunal, ndlr), j’ai vu débarquer chez moi plus de 20 pick-up de la gendarmerie et de la police venus casser tout chez moi. On m’aurait appelé au téléphone, je serais venu tout de suite car je suis le 2ème vice maire de la commune de Matam. Je suis un homme politique, les gens sont toujours chez moi. Je portais une tenue dédouanée à la douane guinéenne. C’est un accoutrement vendu à Madina. Je ne peux pas dire que ça c’est une tenue militaire. Je suis le président de la jeunesse de l’UFR, je réagis toujours à l’actualité politique de mon pays au siège du parti.

C’était à l’assemblée générale du parti. C’est le lieu et le moment indiqué. J’ai tenu un discours pour dire que l’intimidation est terminée, j’ai dit que s’il le faut, ils n’ont qu’à sortir toute l’armée mais on va sortir lundi. Je n’ai pas insulté le président, j’ai juste dit que la Constitution mous donne le droit de manifester et qu’il faut cesser d’arrêter les gens arbitrairement. J’ai aussi dit qu’Alpha Condé est un employé des Guinéens comme moi. Je lui ai dit de respecter la volonté du peuple », a notamment dit le 2ème vive maire de Matam.

Après l’audition du prévenu à la barre, un débat houleux s’est engagé entre le procureur et les nombreux avocats de la défense dont maîtres Mohamed Traoré, Salifou Béavogui, Antoine Pépé Lamah, Alsény Aïssata Diallo, Thierno Oumar Barry entre autres. Le procureur a décidé de montrer à la présidente du tribunal une vidéo postée le samedi, 12 octobre dernier, par Aly Badra Koné sur les réseaux sociaux. Une preuve, selon lui, qui incrimine l’opposant.

Mais, les avocats de la défense ont désapprouvé et dénoncé avec véhémence cette démarche du représentant du ministère public, estimant qu’il devait verser tout ce qu’il a comme preuves contre le prévenu dans le dossier d’accusation. Ce qui a amené le procureur à demander le renvoi de l’audience à demain pour lui permettre de mieux se préparer. Mais, cette demande ne passe pas aussi chez les conseils du prévenu qui rappellent qu’il s’agit là d’un cas de flagrant délit et qu’on ne peut pas retarder le procès tout en gardant leur client en détention.

Faute d’entente entre les parties au procès, les avocats ont conseillé à leur client de ne plus répondre à aucune question. Ils exigent du tribunal de passer à la phase des réquisitions et plaidoiries ou alors de remettre l’opposant en liberté provisoire s’il faut reporter le procès. Face à cette situation visiblement compliquée pour elle, la présidente du tribunal a décidé de suspendre l’audience pour un moment.

En attendant, les militants de l’UFR présents dans la salle et le responsable de la jeunesse du parti font le show sur les lieux. Les uns appellent Badra Koné en disant « Général » et lui répond en disant « Amoulanfé ». A noter aussi la présence de la députée et membre du bureau exécutif de l’UFR, Hadja Aïssata Daffé dans la salle. Elle est venue soutenir Aly Badra Koné.

Ibrahima Sory Diallo est au tribunal de Mafanco pour Guineematin.com

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