La barque du projet de nouvelle Constitution porté par le gouvernement guinéen prend l’eau de toutes parts. Alors que la contestation était jusqu’ici circonscrite en Guinée et sur les réseaux sociaux à travers le slogan #Amoulanfé, elle s’internationalise et touche aussi bien des pays africains qu’européens, ainsi que les États-Unis et le Canada.

Les opposants à une nouvelle constitution visant à octroyer un nouveau mandat au président Alpha Condé semblent avoir bouffé du lion. En dépit de la répression sanglante de la marche du 14 octobre (au moins 9 morts civils selon un bilan officiel, plus de 10 selon le FNDC), ils continuent à maintenir la pression. La mobilisation historique réalisée le jeudi 24 octobre 2019 à Conakry à l’appel du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) a plus que jamais galvanisé les troupes. En Guinée, mais également hors de nos frontières.

Ainsi, plusieurs manifestations ont été réalisées hier, samedi 26 octobre en Europe. A Paris, en France, ils étaient plusieurs centaines de Guinéens et étrangers à se rassembler à la place du Trocadéro pour exprimer leur opposition à une nouvelle constitution en Guinée sous la gouvernance d’Alpha Condé. On y a aperçu notamment Marie-Madelaine Dioubaté, l’ancienne candidate à la présidentielle guinéenne de 2015. Le 14 octobre, un rassemblement dispersé par la police avait été organisé devant l’ambassade de Guinée à Paris.

Ce samedi, presque au même moment, se tenait un rassemblement similaire à Genève, en Suisse. Là également des centaines de personnes, vêtues de rouge, couleur du Front et de la marche du 24 octobre, se sont rassemblées pour exprimer leur réprobation de toute volonté de confiscation du pouvoir en Guinée. Le même cri de ralliement, #Amoulanfé (ça ne passera pas, en Soussou) décliné dans d’autres langues nationales, a été entendu.

La veille, vendredi 25 octobre, c’est à Bruxelles qu’une marche s’était tenue rassemblant de nombreuses personnes à l’appel de l’antenne locale du FNDC.

De nombreux rassemblements ont été déjà organisés notamment au Libéria, en Côte d’Ivoire, à New-York, à Washington (USA), et à Ottawa, au Canada. Même exigence : l’engagement du président Condé de ne pas changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir. A cette réclamation s’ajoute désormais la demande de libération des 5 membres de coordination du FNDC incarcérés à Conakry et de tous les opposants arrêtés.

En Guinée comme à l’étranger, la contestation ne faiblit pas, au contraire. Ainsi, au Sénégal où les ressortissants guinéens sont nombreux, une manifestation est prévue à Dakar le 2 novembre prochain. Fait notable, cette marche est vivement soutenue par les organisations locales de la société civile, et notamment par l’emblématique « Y EN A MARRE ».

Et le lundi 4 novembre, ce sera autour de la Guinée (à Conakry comme en province) de prendre le relai en organisant d’autres manifestations comme l’a déjà annoncé le FNDC qui veut désormais manifester chaque lundi.

A cette pression populaire sur le pouvoir de Conakry, s’ajoute celle des personnalités (Tiken Jah Fakoly) et de la Communauté internationale qui multiplie les communiqués appelant à la retenue et mettant en garde contre les violations des droits de l’homme. Pour l’instant, le locataire du palais Sékhoutouréya vogue entre bégaiement et semblant d’intransigeance. Jusqu’à quand ? Les jours avenir nous édifieront.

Ibrahima Baldé et Saliou Bah pour Guineematin.com

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