Ils sont nombreux à Conakry, les jeunes qui bataillent dur pour survivre. Parmi eux, on retrouve les portefaix : des personnes qui ont pour travail de transporter des bagages pour d’autres en contrepartie d’une rémunération. Leur vie est loin, très loin même d’être rose, mais ils font avec en attendant de trouver mieux. Un reporter de Guineematin.com est allé à la rencontre de quelques-uns d’entre eux au marché de Matoto.

Ils sont toujours sales et pressés. Et même pour ceux qui ne sont pas physiquement très grands, ils sont quand même assez solides. Car de la force, ils en ont vraiment besoin. Les portefaix sont toujours à la recherche du moindre bagage à transporter pour avoir une somme d’argent.

Moussa Camara est l’un d’eux. Il reconnait qu’il fait ce travail parce qu’il n’a pas le choix. « Ce qui m’a poussé vraiment à faire ça, c’est parce que je n’ai pas trouvé un autre travail. Je n’ai pas étudié et il faut que je fasse ça pour éviter de voler ou quémander », explique-t-il.

Mais, ce concitoyen ne veut pas passer sa vie à faire ce travail. Il attend juste la première occasion pour la saisir. « Si j’ai la chance d’avoir des moyens ou une bonne relation qui pourrait m’aider, je vais abandonner ce travail pour faire autre chose. Je suis là actuellement parce que je n’ai pas trouvé mieux. Sinon ce n’est pas par plaisir que je fais ce travail », soutient Moussa.

Lancinè Fofana fait le même travail au marché de Matoto. Contrairement à son prédécesseur, lui a un métier. Il est chauffeur de profession. Mais, n’ayant pas de voiture pour travailler, il s’est reconverti temporairement en portefaix pour trouver de quoi vivre. « On fixe les prix en fonction des bagages à transporter et de la distance à parcourir. Par exemple, pour débarquer un conteneur rempli, le prix c’est 400 000 francs. On fait le travail en groupe et on se partage l’argent », souligne notre interlocuteur.

Boubacar Diallo aussi fait la même activité pendant plusieurs années. Aujourd’hui, il est fier d’avoir fondé une famille grâce à son travail. « Je suis un père de famille, je suis marié à une femme et nous avons trois enfants. Il n’y a personne qui m’aide, c’est grâce à ce métier que je paye mon loyer et m’occupe de toutes les dépenses de ma famille », raconte-t-il avec fierté.

Monsieur Diallo s’empresse de préciser cependant que son travail est tout sauf facile. En plus de la lourdeur de certains bagages, la fatigue que cela engendre…, il rencontre des situations bien plus préoccupantes pour lui. « Je rencontre beaucoup de difficultés. Il y a certains qui m’insultent, d’autres m’accusent et parfois même il arrive que je me batte avec des gens. Parce qu’il y a des méchants qui vont chercher à te créer des problèmes des problèmes et t’emmener à la police. L’argent qu’on gagne là, certains sont jaloux de nous voir gagner ça. C’est difficile pour nous », a laissé entendre Boubacar Diallo.

A noter que parmi les jeunes qui s’adonnent à cette activité, beaucoup sont des SDF (Sans Domicile Fixe). Ces derniers passent la nuit le plus souvent dans les marchés et devant certaines boutiques.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tél. : +224 622 07 93 59

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