A l’occasion de la levée des onze (11) corps des victimes des manifestations du Front National pour la Défense de la Constitution de ce lundi, 04 novembre, l’émotion était vive à l’hôpital sino-guinéen de Kipé, dans la commune de Ratoma. Acteurs politiques et de la société civile, membres du FNDC, ont dénoncé les nombreux cas d’assassinats jamais élucidés depuis l’accession d’Alpha Condé au pouvoir, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Présent cette cérémonie, le président de l’UFDG et chef de file de l’opposition, a critiqué la dictature érigée en mode de gouvernance dans notre pays. « Non seulement vous avez onze (11) corps qui sont couchés ici, mais vous avez un qui a été enterré à Maréla, dans Faranah, il y a deux autres qui ont été enterrés à Mamou. Le drame, c’est que depuis 2011, on assiste au même scénario : manifestation de l’opposition, répression dans le sang de ces manifestations. Des dizaines de citoyens ont été abattus à bout portant par ceux qui sont chargés d’assurer la sécurité des citoyens », a lancé Cellou Dalein Diallo.

Pa ailleurs, le président de l’UFDG, parti membre fondateur du FNDC, a rappelé que le régime du président Condé n’a jamais affiché la volonté de retrouver les coupables des dizaines de tueries commises sous son règne. « Le problème c’est que dans ce pays, il y a un président qui prétend être élu démocratiquement et qui est censé être le président de tous les guinéens. Mais ces victimes, qui sont de l’opposition, pour lui, ce n’est pas des citoyens. Ils ne méritent ni la compassion du gouvernement, ni la justice. C’est ça le drame. Nous sommes dans un pays de non-droit. La dictature se définit souvent comme la négation du droit. Le régime guinéen, c’est l’expression accomplie de la dictature. L’impunité encourage la récidive. Depuis 2011, monsieur Alpha Condé refuse systématiquement que les auteurs de ces crimes soient identifiés et déférés devant les tribunaux. Le premier conflit entre lui et maitre Sakho, le ministre de la justice qui a fini par démissionner, c’est qu’à son arrivée, il était résolument engagé à mettre sur pied une commission pour identifier les auteurs des crimes commis lors des manifestations, parce que pour lui, c’est inconcevable dans un pays, présumé régit par les règle de droit, qu’on puisse laisser impuni des crimes de masse de cette ampleur. Aujourd’hui, nous sommes à près de 120 citoyens tués dans les circonstances que vous connaissez, mais jamais que le gouvernement de la République n’a voulu que les auteurs soient identifiés », a dit Cellou Dalein Diallo.

Interrogé sur les affirmations selon lesquelles c’est l’UFDG qui fait le FNDC, le chef de file de l’opposition a balayé tout d’un revers de main. « C’est absolument faux de dire que le FNDC c’est l’UFDG. Est-ce que tous ceux-ci sont de l’UFDG ? Fodé Bangoura, Chérif Abdallah, le PEDN, Sidya Touré, Almamy Kabélé, et tous ceux qui sont de la société civile, PCUD, Balai Citoyen, les syndicalistes, qui agissent, qui contestent, qui dénoncent, ce n’est pas l’UFDG. L’UFDG n’est qu’un membre fondateur du FNDC, tout comme l’UFR, le PEDN, le PUP et le GOHA. Donc, ça c’est une manière de discréditer notre mouvement. Mais, ils perdent leur temps. La Guinée est rassemblée au sein du FNDC, dans toute sa diversité. C’est un pas important vers la réconciliation des guinéens, au-delà de leur sensibilité politique, au delà de leur diversité socioprofessionnelle », a-t-il laissé entendre.

Ibrahima Sory Diallo pour Guieematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin