A l’appel du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), plusieurs jeunes sont sortis ce jeudi, 14 novembre 2019, pour encore une fois dire non au projet de nouvelle constitution qui ouvrirait la voie à un 3ème mandat pour Alpha Condé. Le carrefour de l’aéroport, point de ralliement des protestataires, est envahi par de nombreux acteurs qui ne cachent pas leur aversion pour le contesté projet de 3ème mandat.

Déjà, Foniké Mengué, le coordinateur par intérim du Front national pour la défense de la Constitution et Me Abdou Kébélé Camara, ancien ministre qui est devenu opposant au régime Alpha Condé sont arrivés sur les lieux. Ils seront rejoints dans les minutes qui suivent par les autres leaders…

Interrogés par un des reporters de Guineematin.com, nombre d’entre eux ont réaffirmé leur motivation dans cet engagement citoyen.

Décryptage !

Younoussa Tounkara, activiste : « je suis sorti parce que j’ai envie que mon pays prenne un nouvel élan. Je voudrais que désormais, lorsqu’on élit un président de la République, qu’il fasse deux mandats. Après ses deux mandats, qu’il cède la place à un autre guinéen. Nous sommes douze millions de guinéens… Je voudrais que le président de la République accepte d’oublier son projet de troisième mandat. Parce que, lui même il a dit à la presse sénégalaise que s’il y a nouvelle constitution, il y aura troisième mandat. Quand il y a révision constitutionnelle, il n’y aura pas de troisième mandat. S’il dit que son dernier mandat est dédié à la jeunesse, cette jeunesse lui demande de ne pas toucher à la constitution. C’est aussi simple que ça ».

Ibrahima Binta Barry : « depuis le 14 octobre 2019 jusqu’au 24 du même mois, je ne suis pas sorti pour manifester. C’est aujourd’hui que je signale mon arrivée à la manifestation du FNDC. Connaissant un peu la souffrance des guinéens, si je croise les bras à la maison en restant indifférent face à cette situation, je pense que ce serait de l’hypocrisie. Voilà pourquoi je me suis dit qu’il faut participer à la marche du FNDC parce que c’est une lutte commune et c’est pour la liberté de tout le monde ».

Haoulatou Bah : « nous sommes là pour barrer la route à Alpha Condé et à son clan qui veulent modifier la constitution guinéenne. Nous sommes déterminés à les combattre jusqu’à ce qu’ils arrivent à renoncer à ce projet de changement de la constitution. Il est temps de combattre ces gens là jusqu’à la victoire finale ».

Elhadj Aliou Diallo, membre du FNDC : « je suis là d’abord en tant que citoyen qui veut lutter contre l’injustice, contre l’impunité mais aussi contre un projet suicidaire de nouvelle constitution. Nous sommes là pour demander la libération de nos détenus, Abdourahmane Sanoh et ses compagnons, demander à Alpha Condé de dire à la justice d’arrêter ceux qui ont assassiné nos frères. La chemise rouge que je porte signifie le sang de nos amis tués et qui coule dans nos veines. Nous disons à Alpha Condé de renoncer à son projet de nouvelle constitution. Il n’est pas le seul guinéen. En 2020, un autre peut venir continuer. Il a lutté pendant 40 ans pour l’instauration de la démocratie et aujourd’hui c’est lui qui se trouve au pouvoir et il doit comprendre qu’il peut partir. Je ne suis pas là aujourd’hui seulement, je serai là demain encore si je suis en vie. Je suis prêt à mourir pour la vérité, mes amis ont été assassinés. Il y a eu 120 guinéens qui ont été assassinés depuis l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir. On ne peut pas nous intimider pour dire qu’on va vous tuer. Nous sommes déjà habitués à ça. J’ai des amis qui ont été tués, qui sont morts dans mes mains. Donc, si aujourd’hui je meurs, d’autres amis pourront continuer le combat. Voilà pourquoi nous sommes là et nous invitons tous les jeunes guinéens à venir accompagner cette lutte qui est un combat noble. Nous sommes des guinéens et nous ne pouvons pas attendre des sénégalais pour venir nous aider ».

Siradiou Sounkine : « c’est l’acte 4 du FNDC. Nous sommes sortis pour manifester contre l’idée d’une nouvelle constitution. Nous sommes sortis pour dire au président Alpha Condé que nous ne sommes pas d’accord avec lui en ce qui concerne l’idée d’un troisième mandat. Cette nouvelle constitution vise à pérenniser Alpha Condé au pouvoir au delà de son mandat qui doit finir le 21 décembre 2020. Nous ne sommes pas contre Alpha Condé. Nous le critiquons, c’est pour qu’il se perfectionne et qu’il respecte les lois de la République. Il doit nous aimer de la même manière que nous l’aimons. Nous sommes contre le fait qu’il veut se pérenniser à la magistrature suprême et ça, c’est au prix de notre vie ».

Propos recueillis par Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel: 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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