Dans l’après-midi de ce vendredi, 15 novembre 2019, les responsables du Front national pour la défense de la Constitution ont reçu Mohamed Ibn Chambas, le Représentant Spécial du Secrétaire Général et chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS). La rencontre s’est déroulée au siège de la Plateforme nationale des Citoyens Unis pour le Développement (PCUD), a appris Guineematin.com de source généralement bien informée

Après les salutations d’usage, les émissaires du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) ont opté pour un langage clair et direct pour expliquer à l’émissaire onusien la genèse de la crise politique actuelle en République de Guinée. Le FNDC a rappelé ses démarches envers tous ceux qui pouvaient négocier avec le président Alpha Condé pour le dissuader de prendre ce chemin interdit en démocratie : changer la constitution pour continuer à diriger le pays. Ils sont revenus sur les lettres et audiences avec les chefs religieux, les ambassades et autres démarches préventives qui auraient permis d’éviter tout ce qui se passe actuellement en Guinée : dégâts humains et matériels, emprisonnement, etc.

S’exprimant sur son intransigeante et farouche opposition à un changement de la Constitution qui favoriserait un troisième mandat du président Alpha Condé, le FNDC a expliqué à Ibn Chambass que ce n’est pas du tout un problème de personne, c’est un problème de principe et du respect de la loi suprême du pays. Revenant sur les intangibilités constitutionnelles qu’ils défendent à tout prix, les dirigeants du FNDC ont demandé au chef du bureau UNOWAS s’il peut trouver normal qu’il y ait par exemple un débat en Guinée sur la laïcité ou la forme républicaine de l’Etat. Après la réponse négative de l’émissaire onusien, les défenseurs de la Constitution guinéenne ont alors précisé que la limitation du nombre et de la durée des mandats présidentiels en Guinée sont soumises au même verrou légal !

Concernant les appels au dialogue, le FNDC a expliqué au Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Afrique de l’Ouest et au Sahel que même si son différend avec le pouvoir pouvait trouver sa solution dans un dialogue, les leaders du mouvement, qui seraient dans ce cas les interlocuteurs du pouvoir, sont en prison.

Par ailleurs, les responsables du FNDC ont rappelé qu’il y a eu de nombreux jeunes tués suite aux appels à manifestation. Ce qui fait qu’ils ne peuvent plus reculer au risque de trahir ces derniers. Ainsi, hormis la libération des leaders et manifestants emprisonnés, il faudra nécessairement que le président Alpha Condé renonce à son projet et qu’il s’engage à respecter la constitution.

Enfin, toujours direct dans sa communication, le FNDC a clairement dit avoir rencontré Ibn Chambas puisqu’il l’a souhaité. Sinon, les défenseurs de la constitution ont dit ne rien espérer de lui, encore moins de la CEDEAO d’ailleurs. « Nous comptons sur le peuple de Guinée pour lequel nous nous battons. Et, l’alternance doit être arrachée à Alpha Condé, parce que c’est lui-même qui avait vendu ce rêve aux Guinéens », ont-ils indiqué.

On apprend même que Mohamed Ibn Chambas, qui a rencontré le président Alpha Condé hier, devrait rentrer demain, sans même avoir réussi à faire libérer Abdourahmane Sanoh et Cie. De même qu’il n’a pas pu influencer le président Alpha Condé qui l’a laissé ici ce vendredi pour aller avec l’hélico présidentiel battre campagne à N’zérékoré pour la nouvelle constitution qui lui permettrait d’avoir un troisième mandat à la tête de la Guinée, alors que ceux qui veulent manifester sont pourchassés par le pouvoir, emprisonnés et d’autres tués. Finalement, la présence d’Ibn Chambass a-t-elle apporté un tant soit peu à notre pays ? Que dira-t-il des quatre jeunes tués (hier et aujourd’hui) en sa présence à Conakry ?

A suivre !

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