Ismaël Barry, un handicapé, victime d’agression d’agents de la police

Ismaël Barry, un handicapé qui gère une cabine téléphonique (télé-centre) à Gnari Wada, dans le quartier Hamdallaye, a été victime d’une agression d’agents de la police le 15 octobre 2019. Pourchassant des jeunes qui manifestaient à l’appel du FNDC, des policiers se sont attaqués à lui. Ils l’ont molesté avant d’enlever l’argent et les biens qu’il possédait. Le jeune homme a raconté sa mésaventure au micro d’un journaliste de Guineematin.com hier, lundi 18 novembre 2019.

Selon Ismaël Barry, le 15 octobre 2019, comme tous les matins, il est allé ouvrir sa cabine téléphonique, qui se trouve dans son quartier. Mais ce jour-là, ce ne sont pas des clients seulement qu’il a reçus. « D’habitude, quand il y a des manifestations, des agents passent par là mais ils ne font pas du mal. Parfois certains m’insultent et continuent leur chemin et d’autres me disent de rentrer à la maison. Mais ce jour-là, un groupe de policiers est venu me trouver assis là. Ils m’ont frappé, ils ont déchiré mon pantalon à l’aide d’un couteau qu’ils avaient. Ils ont pris mon argent, une somme de 100 mille francs guinéens, ils ont aussi pris mes deux téléphones : un Android de marque Tecno et un Itel avec lequel je faisais le transfert de crédits.

Donc, en plus des deux téléphones, j’ai perdu un montant d’environ 300 mille francs puisque j’avais fait des transferts pour des gens qui ne m’avaient pas encore payé, et les messages étaient dans l’un de mes téléphones qu’ils ont retiré. Après m’avoir agressé et dépouillé, les agents ont dit à leur chef, qui était un peu plus loin de nous, qu’ils n’ont rien pris sur moi et qu’ils m’ont frappé un peu seulement parce que c’est moi qui vend de la drogue aux petits du quartier, ce qui est absolument faux. Après m’avoir frappé, déchiré mes habits et pris tous mes biens, les agents se sont partagés mon argent devant moi », a-t-il expliqué.

Ismaël Barry, victime d’agression d’agents de la police

Ce jeune handicapé qui se débrouille pour vivre sans mendier, se dit choqué et inquiet de cette attitude des agents des forces de l’ordre. Il dit ressentir jusque-là les effets des violences dont il a été victime et s’en remet à la justice divine. « Ce jour, un d’entre eux a pris des chaines et m’a frappé violement au dos. Aujourd’hui, je ressens encore des douleurs. Hier nuit, difficilement j’ai pu fermer les yeux car j’avais très mal au dos. Aujourd’hui, je suis inquiet parce que si on n’est même pas épargné dans sa propre maison, on ne sait pas si le contraire se produira dehors.

On devrait pouvoir être en sécurité chez soi au-moins. Mais, si tu fuis des bandits dehors et qu’ils viennent t’agresser chez toi, on ne sait plus quoi faire. J’aurais aimé porter plainte contre les agents qui m’ont agressé, mais puisque cela aussi demande des moyens, ce que je n’ai pas, je laisse pour moi à Dieu car la justice divine est la meilleure. Mais je ne pardonne pas ceux qui m’ont fait cela », a dit Ismaël Barry.

Ismaël Barry, victime d’agression d’agents de la police

Les agents des forces de l’ordre sont régulièrement pointés du doigt pour des abus dont ils se rendent coupables lors des manifestations politiques à Conakry. Beaucoup les accusent de rentrer dans les quartiers réputés favorables à l’opposition pour y commettre des exactions. Malgré la publication de certaines vidéos incriminant clairement des policiers ou des gendarmes sur les réseaux sociaux, les mis en cause ne sont jamais inquiétés.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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