Comme annoncé précédemment, de nombreuses femmes de Guinée ont manifesté ce mardi, 19 novembre 2019, à l’appel du Front National pour la Défense de la Constitution, à Conakry. Elles ont marché de rond-point de Bambéto (commune de Ratoma) à l’héliport de Belle-vue (commune de Dixinn). Les manifestantes protestaient ainsi contre les tueries enregistrées lors des manifestations contre un troisième mandat organisées ces dernières semaines dans la capitale guinéenne et réclamaient justice pour les victimes, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

« Halte aux tueries de nos enfants ! » ; « Justice pour nos morts ! » ; « Votre dictature tue notre future ! » ; « Alpha Condé, arrête de tuer nos enfants ! ». Ce sont là entre autres messages qui étaient écrits sur les pancartes que brandissaient certaines manifestantes et que d’autres scandaient durant tout le trajet. Après environ deux kilomètres de marche, ces femmes composées de responsables et de militantes du FNDC, ont tenu un meeting à l’héliport de Belle-vue, où leur porte-parole, madame Bah Hadja Maïmouna Diallo, a lu une déclaration au nom de toutes.

« Mes chères sœurs, nous venons de marcher encore, nous venons d’exprimer notre colère face aux tueries des enfants de Guinée, nos enfants. Nous ne pouvons rester indifférentes face au sang qui coule et qui continue de couler malheureusement sur le sol guinéen depuis un certain nombre d’années. Tout récemment, depuis le début des manifestations du FNDC contre la nouvelle constitution et le 3ème mandat pour Alpha Condé, une vingtaine de jeunes gens ont été arrachés à la vie, fauchés par des balles provenant d’armes de guerre.

Ce qui est le plus choquant, c’est quand des forces censées nous défendre tirent sur le cortège funèbre des 11 victimes que l’on accompagnait à leur dernière demeure. Ce qui est encore plus choquant, c’est quand ces mêmes forces empêchent une prière correcte sur les morts et jettent des gaz lacrymogènes dans le cimetière perturbant ainsi l’enterrement correcte des victimes », a-t-elle fustigé.

Poursuivant, Hadja Maïmouna Diallo a fait savoir qu’avec tout ce qui s’est passé pendant les obsèques des 11 jeunes tués lors des premières manifestations du FNDC à Conakry, « notre cher pays, la Guinée, a atteint le plus bas niveau de la déshumanisation et de la banalisation de la mort. Femmes, mères et filles de Guinée, nous ne pouvons pas accepter cela. C’est pour cela que nous avons décidé encore de faire un cri de cœur à l’endroit de tout le peuple de Guinée en particulier, et la communauté internationale en général.

Nous devons mettre en exergue que bien que les victimes suite à la marche funèbre du 4 novembre ne sont pas encore enterrées, les forces de répression n’ont pas hésité à augmenter le décompte macabre en assassinant quatre autres jeunes, ce qui nous amène à huit morts couchés dans nos morgues, qui ne sont pas encore enterrés. Il faut que les massacres s’arrêtent ! Tout récemment, Amnesty International qui a entendu nos cris de cœur précédents, a demandé dans un rapport au gouvernement guinéen, de clarifier le cas d’une soixantaine de manifestants morts par balles depuis 2015.

Nous, femmes de Guinée, nous nous joignons à cet appel pour demander la mise sur pied d’une commission d’enquête internationale pour mettre à nu la vérité sur ces cas de morts dans notre pays. Ainsi, les mamans pourront enfin faire leur deuil et cela sera le début de la fin de l’impunité dont les auteurs de crimes de sang ont bénéficié jusqu’à présent », a-t-elle dit.

Enfin, la porte-parole des femmes du FNDC annonce qu’un autre calendrier de manifestations sera déroulé dans les prochains jours afin non seulement de continuer à dénoncer ces tueries, mais aussi à faire en sorte que ceux qui se sont rendus coupables de ces massacres soient arrêtés, jugés et condamnés.

Il est à noter que cette marche s’est déroulée sans aucun incident. Seulement des femmes gendarmes et policières étaient déployées pour encadrer la manifestation.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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