Le Parti Démocratique de Guinée-Rassemblement Démocratique Africain (PDG-RDA) a commémoré ce vendredi, 22 novembre 2019, le 49ème anniversaire de « l’agression portugaise » de 1970 à son siège à la Camayenne, dans la commune de Dixinn. Les dirigeants actuels du parti ont mis l’occasion à profit pour interpeller les autorités de Conakry sur la nécessité de marquer d’une pierre blanche cette journée en organisant désormais une cérémonie officielle pour la commémorer, a appris sur place Guineematin.com à travers un deux de ses reporters.

Oyé Guilavogui, secrétaire général par intérim du PDG-RDA

Dans son discours, Oyé Guilavogui, secrétaire général par intérim du parti, a rappelé le bilan enregistré suite à cette agression et les objectifs de la commémoration de cette journée. « Cette agression préparée et exécutée par les ennemis de notre pays fit, selon les estimations du gouvernement guinéen, 350 morts dont des victimes étrangères (trois morts et huit blessés) et des centaines de blessés côté guinéen. Ces opérations militaires contre la Guinée, l’estimation des victimes est portée à plus de 500 morts, et d’importants dégâts matériels furent enregistrés. (…) Nous, nous consacrons cette journée en premier, dans le devoir de rendre un hommage mérité à nos illustres devanciers mais aussi de commémorer la disparition de nos concitoyens qui sont tombés ce jour sur le champ de l’immortalité. Deuxièmement, il est très regrettable que la journée du 22 décembre que nous connaissons tous et qui avait été reconnue sur tout le continent africain comme journée de la souveraineté, ne soit pas aujourd’hui célébrée en Guinée. C’est très regrettable et je crois que le gouvernement guinéen doit longuement réfléchir sur cette question. Parce que cette date, elle n’est pas pour le PDG, elle appartient à toute l’Afrique, elle appartient au peuple militant de Guinée », soutient-il.

Par ailleurs, le secrétaire général par intérim du PDG-RDA a mis l’occasion à profit pour donner la position de son parti sur le projet de nouvelle constitution en Guinée. Selon lui, depuis plusieurs années, le PDG-RDA avait émis le souhait que la Guinée se dote d’une nouvelle constitution « qui prendrait en compte un modèle stable et permanant de démocratie populaire populiste, inclusive et participative. A l’époque, nous avons été l’un des rares partis politiques à dénoncer le processus d’élaboration de la présente constitution. Outre son caractère transitoire, cette constitution, par les modalités de son adoption, occultait de fait l’expression du peuple à travers un débat populaire que le référendum aurait dû conclure. Mais, mieux vaut tard que jamais, dit-on. C’est donc pour une position de principe que le PDG-RDA souscrit à un processus qui soumettrait la loi fondamentale à la volonté claire, librement consentie et exprimée par le peuple à travers un referendum », a-t-il laissé entendre.

En ce qui concerne la fixation de la date des législatives pour le 16 février 2019, Oyé Guilavogui a dit que son parti n’y trouve pas d’inconvénients. « Mais, le parti pense que pour avoir des élections, il faut que ça soit des élections transparentes et crédibles, c’est-à-dire que la voix des citoyens puisse refléter le choix des candidats. Je crois que si on est dans cette logique, on aura moins de crises sociales, on aura moins de tensions politiques. Quant au PDG-RDA, nous disons que nous avons subi un scénario aux dernières élections législatives. Ce qui s’est passé en 2013 ne nous arrivera plus. Le PDG va se présenter aux prochaines élections législatives, et nous allons rafler des voix pour être à l’Assemblée nationale », a-t-il annoncé.

Elhadj Momo Bangoura, président d’honneur du PDG-RDA

Pour sa part, Elhadj Momo Bangoura, président d’honneur du PDG-RDA, a vigoureusement condamné cette agression portugaise de 1970. Pour lui, les objectifs principaux de cette agression étaient de tuer le président d’alors, Sékou Touré, et de libérer quelques prisonniers. « Selon le rapport du gouvernement français du 60ème anniversaire de l’indépendance en 2018, conduite par le journaliste Laurent Correau, il s’agissait non seulement de libérer les prisonniers portugais, mais aussi et surtout d’éliminer le gouvernement guinéen et d’assassiner le président Ahmed Sékou Touré. Malheureusement pour les agresseurs, ils s’étaient rendu compte qu’ils étaient face à un peuple uni et organisé. Le gouvernement guinéen avait en effet distribué les armes de guerre à la population à Conakry et aux régions voisines. C’est ainsi qu’avec l’armée populaire, l’ennemi a été écrasé le même jour du 22 novembre ».

Ibrahima Sory Diallo et Saa Foko Millimouno pour Guineematin.com

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