Depuis le mois d’octobre dernier, le front national pour la défense de la constitution (FNDC) organise des marches pour protester contre un projet de nouvelle constitution qui permettrait au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat en Guinée. Et, jusque-là, cette plateforme (qui regroupe des acteurs de la société civile, des leaders politiques, des syndicats, des hommes d’affaires…) réussi tant bien que mal à manifester à Conakry et dans certaines villes de la Guinée profonde.

Mais, dans la préfecture de Forékariah, les autorités opposent un refus catégorique à tout mouvement de protestation visant le régime actuel. Et, selon des informations parvenues à Guineematin.com, c’est le préfet, Alhassane Camara, qui aurait donné des instructions fermes à la commune, d’interdire toute manifestation à Forékariah.

Selon Oumar Bella Barry, le chargé de communication du FNDC, depuis le début des manifestations anti-3ème mandat en Guinée, trois lettres d’informations ont été adressées à la commune. Mais, aucune n’a encore reçu l’aval des autorités.

« On avait fait un premier écrit pour demander une autorisation de marcher. Mais, la commune a refusé sous prétexte que le préfet a interdit toute manifestation à Forékariah. Les jeunes ont voulu sortir sans autorisation ; mais, on a réussi à les calmer. On s’est plié à cette décision, malgré notre envie de manifester pour exprimer notre opposition à un troisième mandat en Guinée… Nous avons fait une seconde demande d’autorisation le 18 novembre dernier, pour une manifestation pacifique que nous voulions organiser le 21 du même mois. Cette demande aussi a été refusée par la commune sur instruction du Préfet. Et, ce matin, nous avons déposé une nouvelle lettre d’information à la commune. Nous voulons manifester le 26 novembre et nous attendons la réponse de la commune », a expliqué Oumar Bella Barry au téléphone de Guineematin.com hier, jeudi 21 novembre 2019.

Dans sa lettre-réponse du 18 novembre (dont une copie est parvenue à Guineematin.com), la mairie a d’ailleurs rappelé au FNDC le contenu d’un communiqué du préfet, Alhassane Camara, diffusé dans une radio à Forékariah. « Je (le maire) me fais le devoir de vous notifier que conformément au communiqué diffusé à la radio communautaire de Forékariah de monsieur le préfet, ainsi que la lettre qu’il a adressée à tous les chefs de services, élus locaux… aucune manifestation pouvant troubler l’ordre public n’est autorisée », lit-on dans cette lettre réponse signée du maire, Aboubacar Touré.

Mais, pour le chargé de communication de la coordination préfectorale du FNDC à Forékariah, « les autorités (en première ligne le préfet) ne veulent pas céder, parce qu’ils supposent que Forékariah est le fief du premier ministre Kassory Fofana et du RPG (le parti au pouvoir) ». Mais, rappelle-t-il, la marche est un droit constitutionnel dont le préfet ne peut pas confisquer au détriment du FNDC, constitué de citoyens libres qui jouissent de tous leurs droits civiques.

« Nous ne sommes nullement mêlés de la politique ! Nous ne sommes poussés par qui que ce soit ! Nous défendons une cause noble qui est celle de la constitution. Et, il n’est pas du pouvoir discrétionnaire, ni de la compétence de monsieur le préfet de s’opposer aux dispositions légales de la constitution », a indiqué Oumar Bella Barry, tout en exprimant la détermination du FNDC de Forékariah à battre le pavé dans les jours à venir.

A suivre !

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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