Les présumés auteurs du viol et de l’assassinat de madame Aissatou Diallo, à Sonfonia Gare, en juin 2017, ont commencé à répondre des faits qui leurs sont reprochés. Jean Faya Kamano et Paul Lamah, ont comparu hier, mardi 26 novembre 2019, au tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la mairie de Ratoma. A la barre, les deux accusés ont nié les faits pour lesquels ils sont jugés, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les deux compagnons d’infortune sont détenus à la maison centrale de Coronthie depuis le 08 août 2017. Ils sont poursuivis pour viol, vol aggravé, coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Jean Faya Kamano a été le premier à s’expliquer. « Moi, je suis menuisier. Mais, j’ai un cabaret à ENCO 5. Paul Lamah est venu un jour me trouver dans mon cabaret, il m’a proposé un téléphone à vendre. Il m’a dit que le prix est à 330 mille francs guinéens. On a discuté, il me l’a laissé à 130 mille. Je lui ai donné 80 mille FG. Mais après, j’ai constaté que le téléphone n’était pas bon, il s’éteignait souvent. Je l’ai revendu à un certain Nicolas qui Bordelais, c’est-à-dire un vendeur de téléphones d’occasion. Quelques temps après, des policiers sont venus me trouver chez moi, dans mon cabaret. Ils m’ont embarqué dans leur pick-up. Je leur ai demandé pourquoi ils m’arrêtent, ils m’ont dit que j’ai vendu un téléphone qui a des problèmes. Alors que moi, je ne suis informé d’aucun problème avec ce téléphone puisque celui qui me l’a vendu m’a confirmé qu’il était pour lui », a-t-il laissé entendre.

Paul Lamah, appelé à son tour à la barre, va s’expliquer sur le téléphone, qui appartiendrait à la victime et qui aurait permis de les retrouver. Des explications contradictoires à celles apportées par son coaccusé. « Jean Faya Kamano et moi, nous sommes des voisins à ENCO 5. Un jour, il est venu chez moi, il a vu un téléphone Techno à boutons mais qui n’était pas bon, parce qu’il ne gardait pas la charge. Il m’a dit de le lui vendre, j’ai dit je ne le vends pas parce qu’il il n’est pas en bon état. Il a forcé, moi aussi, je le lui ai vendu. On discuté sur le prix, on est tombé d’accord à 90 mille FG. Il m’a donné 30 mille. Ce téléphone dont je vous parle, c’est un grand frère du nom de Razak qui me l’a donné. C’est un gendarme. Il venait souvent boire dans mon cabaret. Maintenant, en ce qui concerne notre arrestation, j’étais dans mon cabaret, qui est non loin du sien, je l’ai vu menotté dans un pick-up avec des agents devant mon cabaret. Ils sont descendus, ils m’ont embarqué avec lui et ils nous conduits à la police. Quelques temps après, ils nous ont envoyés à la DPJ. Moi, je ne suis informé de rien d’autre si ce n’est que ça », s’est défendu Paul Lamah.

La partie civile, représentée par Elhadj Sadou Barry, beau frère de la victime, est revenu sur ce que dame Aissatou Diallo a subi comme torture avant de rendre l’âme. « Le samedi 04 juin 2017, des bandits sont allés à Sonfonia pour s’attaquer à l’épouse de mon petit frère que j’ai élevé et qui est actuellement aux États-Unis. Ils ont abusé d’elle sexuellement, ils l’ont frappée. Ils ont même blessé grièvement au niveau du sexe. Transportée à l’hôpital, elle a succombé suite à ses blessures et à la bastonnade qu’elle a subies. Ainsi, j’ai porté plainte contre X au niveau de la Direction de la Police Judiciaire. Dans ma plainte, j’ai écris les numéros de téléphone de ma belle sœur qui est la victime. C’est ainsi que la DPJ a saisi l’ARPT pour mener les enquêtes. A travers ces numéros, l’ARPT a pu repérer le téléphone : la première personne qui a utilisé le téléphone après le drame, et ça c’était à 5 heures du matin ; puis la deuxième personne qui détenait enfin le téléphone. Ces enquêtes ont révélé que c’est Jean Faya Kamano qui est le première personne à utiliser le téléphone de la dame, puis le nommé Nicolas qui a été arrêté le premier et qui a aidé à ce qu’on retrouve Jean Faya Kamano avec qui il a acheté le téléphone suspecté. Maintenant, si ce sont ces deux là que les enquêtes ont repéré, moi je n’ai pas autre chose à dire, sinon que demander à ce que les coupables soient punis », a dit Elhadj Sadou Barry.

L’affaire a été renvoyée au 10 décembre 2019, pour la comparution des témoins.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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