Comme annoncé dans nos précédentes publications, l’examen du projet de loi de finances initiale 2020 se poursuit dans les commissions de l’Assemblée nationale. Et à la différence des années passées, la Guinée, engagée dans des accords commerciaux et de libre-échange avec les pays de la sous-région et du continent africain, est face à une nouvelle situation. Celle de préparer son économie à la compétitivité.

Au micro de Guineematin.com, le député Bakary Diakité, l’un des participants aux travaux en inter-commissions qui ont réuni des parlementaires, des patrons des régies financières de l’Etat et de représentants du secteur privé guinéen, se félicite des avancées déjà enregistrées sur le terrain.

Bakary Diakité

« C’est une première en Guinée de voir ensemble le gouvernement et le secteur privé se mettre ensemble. Avec les nouvelles mesures, il y a eu beaucoup d’avancées. Nous avons écouté le secteur privé qui a des attentes légitimes à combler. Dans sa communication, elle a soulevé un aspect important. Celui lié au protectionnisme. Dans un passé récent, nous avons vu ce qui s’est passé ailleurs.

Cela nous impose l’esprit de contribuer au renforcement de notre tissu industriel par une politique vigoureuse. Les industriels ont émis un souci : celui lié aux facteurs internes et externes. De notre côté, ou plutôt du côté du gouvernement, notamment la douane et les impôts, nous avons demandé d’élargir l’assiette fiscale en diminuant le taux et la pression fiscale sur les contribuables… ».

Le parlementaire rappelle que l’entrée en vigueur du tarif extérieur commun (TEC) qui était prévue cette année, a été reportée pour trois ans. Mais précise-t-il, « ce report ne signifie pas l’abandon. Donc, c’est juste le temps pour les Etats de se préparer et de mettre en place les instruments nécessaire à son application qui reste ».

Eric Benjamin Cole, directeur général adjoint de TOPAZ

De son côté, Eric Benjamin Cole, directeur général adjoint de TOPAZ, membre du patronat (CPEG) et représentant des industriels à cette inter-commissions budgétaire du mardi 26 novembre 2019, s’est réjoui de cette volonté de l’Etat d’associer l’ensemble des acteurs économiques pour débattre et solutionner des questions de développement.

« Nous nous réjouissons de cette rencontre structurée par le gouvernement à travers un dialogue entre le secteur privé, la société civile et les décideurs, pour parler des grandes préoccupations de chaque frange de la population. Aujourd’hui, le principal souci de l’Assemblée nationale et du gouvernement, ce sont les charges récurrentes qui pèsent sur le secteur industriel avec l’entrée en vigueur du TEC au niveau de la CEDEAO et à l’orée de la ZLCAF (la zone de libre change continentale).

Il se trouve aujourd’hui que nos Etats sont en compétition. Et nous avons dit qu’il fallait améliorer la compétitivité des entreprises locales pour leur permettre d’être à l’international. Puisque ce qui est certain, dans quelques mois, les produits des pays de la CEDEAO et de l’Afrique pourront rentrer en Guinée en suspension des droits de douane et créer la concurrence au niveau local », a alerté cet industriel.

Pour empêcher la Guinée d’être un simple marché de consommateurs, les industriels ont formulé des propositions. « Pour sauver les emplois et préserver cette industrie manufacturière naissante en Guinée, nous avons souhaité la réduction des coûts de facteurs qui pèsent sur les entreprises et notamment les droits de douane sur les matières premières. Mieux, la plupart des pays font du protectionnisme. Vous voyez le Nigeria qui ferme ses frontières au Bénin. C’est un problème. Nous saluons la proposition des députés qui ont demandé aux cadres de faire des simulations pour voir le niveau de réduction des taxes sur les matières premières ».

Parlant au nom de l’Association Professionnelle des Banques en Guinée (APB), Guy Laurent Fondjo, directeur général d’Afriland first Bank en Guinée, a salué cette initiative du gouvernement et du parlement. « Cette rencontre a été un cadre de concertation entre le gouvernement, le secteur privé et le parlement pour partager véritablement des préoccupations liées au projet de loi de finances initiale pour l’exercice 2020. Cela a permis de discuter des modalités d’applicabilité de cette loi. Cela va aboutir à des modifications qui vont tenir compte des réalités sur le terrain et de tenir compte de la politique de développement global du pays », a-t-il estimé.

Pour ce professionnel des banques en Guinée, les préoccupations de son secteur sont liées au coût d’accès des clients aux services bancaires. « Notre préoccupation est liée au coût d’accès des clients et des partenaires aux services financiers. Puisque si la fiscalité est très élevée, cela se répercute sur le client. L’idée pour nous est de faire un plaidoyer auprès de l’Assemblée nationale afin qu’on réduise les conditions financières et de taxation pour permettre aux banques de pouvoir proposer à leur clientèle des taux beaucoup plus alléchants ».

En définitive, les responsables des régies financières de l’Etat, notamment la douane et les impôts vont, à l’occasion de l’examen du projet de loi de finances initiale 2020, déposer sur la table des députés, des propositions de taxation conformes à la volonté exprimée par le Gouvernement dans le cadre du financement du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) 2016-2020, et en adéquation avec les engagements souscrits par la Guinée sur les plans sous régional et africain.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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