Dans certains débarcadères de Conakry, pêcheurs et vendeurs de bois se côtoient en longueur de journée à la recherche du quotidien. Au débarcadère de Nongo Taady, à la lisière des quartiers Nongo et Lambanyi, dans la commune de Ratoma, de nombreux vendeurs de bois se tournent le pouce et attendent un hypothétique client. Mais, de Dubréka où les bois sont coupés, à Nongo Taady, point de vente, c’est à un véritable parcours du combattant que l’on assiste pour ceux qui exercent cette activité, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le débarcadère de Nongo Taady, qui regroupe beaucoup de pêcheurs, est aussi occupé par des vendeurs de bois. Ces compatriotes, se battent sous les intempéries pour se tirer d’affaires dans une conjoncture particulièrement compliquée.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com, hier lundi 02 décembre 2019, Lamine Bangoura, premier responsable des vendeurs de bois de ce débarcadère, est revenu sur le trajet à parcourir de Dubréka à Nongo Taady, les difficultés rencontrées et l’écoulement des produits sur le marché.

Lamine Bangoura, débarcadère de Nongoh Tâadi

Selon Lamine Bangoura, tout débute à Dubréka où les bois sont coupés par certains de leurs agents. « Pour les bois, nous faisons un financement et nos travailleurs partent en brousse pour couper les bois. Après la coupe de ces bois, il y a d’autres qui envoient les bois au point de ralliement pour que les pirogues puissent les charger ».

Mais, ce n’est pas facile avec les piroguiers fixent des pris exorbitants pour la traversée, ajoute monsieur Sylla. « Certaines piroguiers nous demandent des sommes colossales qui vont même au delà de notre marchandise. Ils font tout ça à cause des risques qu’ils vont rencontrer dans la mer, à savoir les risques de naufrage, les énormes vagues qui parfois nous obligent de changer de cap. Pour transporter les bois jusqu’au débarcadère ici, ils demandent parfois 500 mille FG, 600 mille voire 700 mille FG par voyage aux coupeurs des bois. Cela s’explique par le fait que certaines pirogues n’ont pas de machines. Donc, les piroguiers manœuvrent manuellement jusqu’au débarcadère », a-t-il expliqué.

Les montants payés pour le transport rejailli sur les prix de vente et font que le bénéfice n’est que moindre pour les vendeurs, a laissé entendre Lamine Bangoura. « C’est comme ça qu’on va à notre tour fixer le prix aux acheteurs tels que les maçons, qui sont déjà nos clients principaux dans ce métier parce que c’est avec ces bois qu’ils construisent des étages pour les échafaudages et autres. Et la plupart du temps, l’intérêt ne nous est pas favorable. Parce qu’une fois au débarcadère, on est obligé de faire descendre les bois et ça demande beaucoup de gens qui vont demander un petit quelque chose à leur tour aussi ».

Les agents des Eaux et Forêts ont également leur part du gâteau dans cette activité. « Concernant nos relations avec les agents des Eaux et Forêts, à la fin de chaque mois, ils passent ici nous voir pour récupérer de l’argent avec nous. Certains viennent prendre 10.000 FG avec chacun d’entre nous », a révélé le responsable des vendeurs de bois dudit débarcadère.

Le prix de vente du bois varie selon la taille du produit et permet aux vendeurs de réaliser quelques bénéfices. « Pour la revente, il y a des gens à qui on revend à 3000 francs guinéens, 3500 francs guinéens et 4000 francs guinéens par bois. Donc, on a 500 francs guinéens comme intérêt sur chaque bois vendu. Parfois, on revend jusqu’à 300, 400, voire 1000 bois par jour. Quelques fois aussi, on peut rester 2 à 3 jours sans rien revendre par manque de clientèle », a révélé Lamine Bangoura.

Amadou Mouctar Baldé pour Guineematin.com

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