Les problèmes se poursuivent et se multiplient même autour de l’opération d’enrôlement des électeurs et de révision des listes électorales, en cours à travers le pays. En plus des soucis d’ordre technique et logistique constatés sur le terrain, les principaux partis d’opposition dénoncent une chasse engagée contre leurs représentants dans les CAERLE. C’est le cas de l’Union des Forces Républicaines (UFR), qui annonce l’interpellation de deux de ses responsables hier, mercredi 04 décembre 2019.

C’est Fodé Baldé, le responsable de la communication digitale du parti, qui a confié l’information à un journaliste de Guineematin.com, ce jeudi. Il indique que la première interpellation concerne Mohamed Camara, secrétaire général du comité directeur de l’UFR de Hérémakono, dans la commune de Matam (Conakry).

« Hier (mercredi, 04 décembre, ndlr), le responsable de la CAERLE 199 de Hérémakono s’est opposé au fait que l’on veuille enrôler des mineurs. C’est ainsi que les gens du pouvoir qui voulaient enrôler les mineurs sont allés s’en prendre à son père, qui était au quartier et qui se trouve être le secrétaire général du comité directeur de l’UFR de Hérémakono. Ce dernier a été arrêté et détenu au commissariat. Il a fallu l’intervention des responsables du parti dont le maire de Matam pour qu’il soit relâché », a-t-il indiqué.

La deuxième interpellation, ajoute l’opposant, a eu lieu dans la commune rurale de Manéyah, relevant de la préfecture de Coyah. « Aboubacar Sabari Conté, secrétaire général des jeunes de l’UFR à Manéyah, a été arrêté à la CAERLE 2164 située à CBA sud et conduit au commissariat de Coyah. Ceux qui l’ont envoyé voulaient qu’il soit démis de son poste de président de cette CAERLE, mais le commissaire leur a dit qu’il ne peut pas le faire parce qu’il n’a pas ce pouvoir. Donc il a été relâché », explique Fodé Baldé.

Selon le responsable de la communication digitale de l’UFR, après avoir échoué hier, les hommes du pouvoir ont expulsé Aboubacar Sabari Conté de la CAERLE qu’il dirigeait ce jeudi matin, avant de le faire remplacer par un RPGiste. « Ce matin encore, ils sont partis avec la BAC, le chef de quartier et le chef de secteur, ils l’ont pris pour le mettre de côté. Ils ont tracé un périmètre auquel il n’a pas accès. Et comme il insistait, ils l’ont fait sortir de la cour et ils ont fermé la cour. Ils l’ont fait remplacer par un certain Mamady Kourouma du RPG. Ce dernier est venu même sur une moto estampillée RPG », soutient notre interlocuteur.

L’opposant dénonce des pratiques pas du tout rassurantes et annonce que le parti de Sidya Touré prendre des mesures pour y faire face. « Ce sont des pratiques ne rassurent pas. Ça prouve à suffisance que le processus est biaisé. Donc nous disons que ce processus-là ne peut pas se poursuivre de cette manière parce que tout simplement ceux qui sont susceptibles de donner du crédit à ce processus, s’ils sont arrêtés, on ne peut pas attester de la fiabilité du processus.

En plus de tous les problèmes déjà constatés sur le terrain, si on vient encore faire remplacer ceux qui sont dans les CAERLE parce que tout simplement ils sont en train de faire respecter la loi, ça prouve à suffisance que c’est un processus qui est fait pour un seul homme, qui est Alpha Condé. Et nous allons nous opposer à ça. Nous allons prendre les décisions qui s’imposent face à cette situation », annonce Fodé Baldé.

De son côté, l’UFDG a dénoncé hier l’interpellation de plusieurs de ses membres qui président des Commissions Administratives d’Etablissement et de Révision des Listes Electorales (CAERLE) dans la sous-préfecture de Manéyah. Ces derniers avaient été conduits au commissariat de Coyah avant d’être libérés par le préfet. La principale formation politique d’opposition du pays accuse les autorités administratives de Manéyah de vouloir écarter ses représentants dans les CAERLE afin de pouvoir saboter l’opération d’enrôlement des électeurs.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

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