Depuis le lancement des opérations de révision des listes électorales le 21 novembre 2019, les incidents ne cessent de se multiplier à travers la Guinée et même à l’étranger. La ville de Kindia n’est pas épargnée par les nombreux couacs qui émaillent le processus. Le quartier ThiernoDjibia a connu une sainte pagaille hier, jeudi 5 décembre 2019, rapporte l’un des correspondants de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Une interruption du processus d’enrôlement des électeurs a été enregistrée ce jeudi à la Commission Administrative d’Etablissement et de Révision des Listes électorales (CAERLE) numéro 1 de ThiernoDjibia, l’un des quartiers les plus peuplés de Kindia.

Fodéba Fadiga, chauffeur de profession, est sur la file d’attente depuis deux jours. Mais, ce jeudi matin, il accuse l’opérateur de procéder par favoritisme. « Je suis là depuis 2 jours. Ce matin aussi, j’ai fait plus d’une heure pour m’enrôler, mais je vois que c’est par connaissance qu’ils sont en train d’enrôler les gens. D’abord, c’est une fille que je connais bien qui est venue nous trouver ici. Elle s’est vite enrôlée devant nous. La deuxième aussi est venue pour faire la même chose. J’ai dit non, ça ne se passera pas comme ça. On a fait la pagaille et l’agent recenseur s’est énervé. Il a éteint la machine pour partir vers une destination inconnue, laissant la foule souffrir ici », a-t-il expliqué.

L’opérateur concerné, répondant au nom de Sékouba Kéita, a été appelé par ses chefs pour des explications. Il est revenu sur ce qui s’est passé en se disant débordé par le travail. « Ce n’est pas la première fois. Vous savez, ThiernoDjibia c’est un grand quartier qui a plus de six secteurs et ils n’ont envoyé qu’un seul kit. Donc, le seul kit ne peut pas couvrir tout le quartier. Les gens quittent Mangoya, Contournante, pour venir ici. Donc pratiquement, ce n’est pas facile de travailler et les gens peuvent déposer des dossiers, plus de 300 à 400. On me dit de les traiter alors que je suis seul. Je peux travailler jusqu’à 18 h et quelques. Quand je suis épuisé, je suis obligé de fermer et quitter ».

En outre, Sékouba Kéita accuse les citoyens de faire preuve d’impatience. « Certains sont impatients. Il y en a qui ont déposé les dossiers ça fait deux jours, trois jours, quatre jours même. Ils viennent énerver, en disant qu’ils veulent coute que coute le récépissé et rentrer chez eux, tant disque qu’’il y a d’autres qui attendaient aussi. Donc, avec ce nombre pléthorique, il n’est pas facile de recenser tout le monde avec une seule machine ».

Pour faire face à ce désagrément, Sékouba Kéita dit avoir joint ses supérieurs hiérarchiques. « J’ai remonté l’information, ils ont dit qu’ils vont augmenter la CAERLE. Donc ici pratiquement, il faut plus de quatre CAERLE pour couvrir tous les secteurs. Cette impatience est due au manque de matériels parce qu’ils n’ont envoyé qu’un seul kit. Si c’est la rapidité, toute la population est témoin que je suis rapide, car je traite vite les dossiers. Donc, avec ce monde, il va falloir d’autres CAERLE ici. S’il y a plus de CARELE ici, la pagaille là va s’arrêter », soutient-il.

Elhadj Djibril Diallo, le chef du quartier, dénonce le mauvais travail fait par la CENI. « S’il y a des incidents ici, ils sont causés par ceux qui ont déplacé la CAERLE de secteur en secteur. Les choses ne marchent pas comme nous le voulons. D’abord au début, tous les quartiers ont commencé, et nous, on a débuté après 4 jours. Le travail ne s’effectue pas normalement. Chaque jour, on commence un peu tard pour terminer très vite, accompagné par des pauses. Donc, il n’y a presque pas le travail ici avec le peuplement du quartier. Ils veulent déplacer la seule CAERLE. Pourtant dans les autres secteurs, les CAERLE sont immobiles. Alors, pourquoi le changement chez nous ? Pourquoi la CAERLE n’est pas stable ici ? Qu’est-ce qu’ ’ils veulent ? Toutes les élections organisées ici à ThiernoDjibia, il n’y avait nullement de la pagaille. Cette fois-ci, c’est monsieur Sogbè Mady Diané de la CECI qui veut semer la pagaille en déplaçant la CAERLE », accuse le chef de quartier.

De Kindia, Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

Tél. : 628 51 88 88

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