Diabaty Doré, président du parti Rassemblement Pour la République

Lancées il y a deux semaines, les opérations d’enrôlement des électeurs en vue des législatives du 16 février 2020 connaissent de nombreux dysfonctionnements. Ces couacs ne laissent pas indifférents les acteurs politiques, notamment ceux de l’opposition, qui exigent la suspension du processus. Diabaty Doré, président du Rassemblement Pour la République (RPR), dénoncé ces opérations et émet des doutes sur la tenue d’un scrutin transparent. Il l’a dit dans une interview accordée à un reporter de Guineematin.com dans la journée de ce vendredi, 6 décembre 2019.

Guineematin.com : les élections législatives sont programmées pour le 16 février 2020. Comment le RPR se prépare-t-il pour participer à cette échéance ?

Diabaty Doré : je voudrais d’abord qu’on se pose certaines questions par rapport à l’organisation des élections législatives du 16 février 2020, date proposée par la CENI et qui été aussi entérinée par le chef de l’Etat, le Professeur Alpha Condé. Pour moi, ce n’est pas important. L’important d’abord, c’est que nous devons connaitre le chronogramme. Vous savez que l’organisation d’une élection est un processus et ce processus là, il faut savoir réellement comment ça doit commencer et se terminer. Je crois que la date du 16 février est le jour des élections, mais avant ça d’abord, il faut qu’on essaye de connaitre le chronogramme. Qu’est-ce que la CENI est en train de faire ? Est-ce que d’ici le 16 février 2020 les préalables seront mis en place ? C’est les questions qu’il faut se poser. A l’allure où les choses se déroulent sur le terrain, tout le monde aujourd’hui sait qu’en Guinée, il y a trop de problèmes dans l’enrôlement. Il n’y a pas même de récépissés, les gens qui enrôlent ne connaissent pas la machine et ils peuvent passer 30 minutes en train d’enrôler une seule personne. Regardez le délai de 25 jours donné par la CENI, la loi dit que le recensement des électeurs doit prendre trois mois, du 1er octobre au 31 décembre. Mais, ils ont réduit ça jusqu’à 25 jours. Regardez ce qui se passe sur le terrain, l’enrôlement des mineurs qui va encore gonfler le chiffre et moi en tant que président du RPR, nous sommes pessimistes de voir réellement est-ce que la date du 16 février soit tenable, vu tout ce qui se passe sur le terrain.

Guineematin.com : malgré tous ces problèmes évoqués, est-ce que vous allez participer à ces élections ?

Diabaty Doré : on crée un parti politique pour la conquête du pouvoir et pour l’exercer. Mais, tu ne peux pas avoir le pouvoir ou être député, maire, sans participer aux élections. Aujourd’hui, nous nous sommes fixés un objectif, c’est de dire qu’aucune élection ne se passera en République de Guinée sans que le RPR ne puisse y participer. Comme disait l’autre, un parti politique qui ne participe pas à une élection risque de ne pas exister sur le terrain. On ne peut pas créer un parti politique, être tout le temps dans les pays et que les élections se déroulent dans ton pays et que tu n’arrives pas à y participer. C’est vrai que nous comptons participer bel et bien à cette élection, mais nous demandons que ce soit une élection transparente, crédible et acceptée de tous. Vous savez en général en Afrique, ce sont les élections qui amènent toujours des problèmes. Mais comment ? Parce que les élections ne sont pas organisées dans de bonnes conditions. Il y a tellement de fraudes qui se passent sur le terrain actuellement avec l’enrôlement. Ça n’encourage pas et je crois que la CENI doit revoir sa copie parce que nous avons des preuves de ce qui se passe en Haute Guinée, à Conakry et partout. Ils n’ont pas envoyé beaucoup de récépissés dans les fiefs de l’opposition sauf qu’ils ont envoyé presque les 80% dans les fiefs de la mouvance. Il est bon d’aller aux élections, mais il faut organiser des élections que tout le monde peut accepter. C’est ce que nous voulons dans notre pays pour éviter des problèmes.

Guineematin.com : vous comptez être cette fois-ci à l’assemblée nationale. Qu’est-ce qui a été fait sur le terrain pour y arriver ?

Diabaty Doré, président du parti Rassemblement Pour la République

Diabaty Doré : tout le monde sait que ça fait au moins 4 ans et demi que le RPR est sur le terrain. Vous constaterez qu’à chaque fois le président est à l’extérieur, soit si je suis en Guinée, je mène des activités dans la capitale, mais au-delà de ça nous partons chaque fois à l’intérieur du pays. A l’heure où je vous parle, nous avons des missions qui sont à l’intérieur du pays pour travailler. C’est pour dire que le travail que nous avons abattu pendant des années, je crois que si on participe bien à ces élections législatives, le RPR aura quelques députés à l’Assemblée Nationale et ça va surprendre les gens. On ne parle pas beaucoup. La politique, ce n’est pas que la télévision et les radios, mais je pense que la meilleure façon de faire la politique moderne aujourd’hui, c’est d’être en contact avec la population, s’imprégner de ses problèmes et trouver des solutions. C’est ce que nous sommes en train de faire sur le terrain. J’avoue que nous sommes très fiers de nos fédérations, sections, sous-sections et surtout aussi des membres du bureau politique national. Chacun œuvre pour faire du RPR un parti phare de la République de Guinée dans les années à venir.

Guineematin.com : est-ce que vous avez ciblé des circonscriptions à conquérir pour ces élections législatives ?

Diabaty Doré : on ne peut pas vous dévoiler ici les circonscriptions que nous voulons conquérir. C’est aux fédérations de nous dire, par exemple quand je prends le cas de Beyla, de Yomou, si nous voulons présenter un candidat qui est très vendable et qui nous rassure qu’en faisant une bonne campagne, nous pouvons remporter. Le parti politique, ce n’est pas une course de vitesse mais une course de fond et on ne peut pas dire que nous sommes implantés à 100% en République de Guinée, parce que nous avons 5 ans d’existence. On ne peut pas se présenter partout en République de Guinée, mais quand-même il y aura des localités où nous allons nous présenter et j’en suis sûr que partout où on présentera un candidat, nous comptons remporter la victoire.

Guineematin.com : serez-vous candidat pour ces législatives ?

Diabaty Doré : ce n’est pas moi qui décide. C’est vrai que je suis le président, mais c’est la majorité qui décide. Je ne sais pas d’abord si je serai candidat ou pas. A mon humble avis, quand tu me demandes, je te dirai que je souhaite être sur la liste. Nous attendons le résultat des travaux du comité qui est mis en place à cet effet. Que je sois sur la liste ou pas, je ferai tout pour que le RPR puisse avoir un certain nombre de députés à l’Assemblée Nationale. C’est mon combat aujourd’hui. Je ne me bats pas pour moi-même, je me bats pour le peuple de Guinée et pour tout le monde.

Guineematin.com : quel est votre appel à l’endroit des électeurs qui vous permettront d’être à l’Assemblée Nationale ?

Diabaty Doré : je voudrais dire qu’il est important de dire aux électeurs que la première des choses, d’abord c’est d’aller se faire enrôler. Quand tu aimes quelqu’un ou tu prétends voir quelqu’un à l’Assemblée Nationale, le plus important c’est de se faire enrôler, avoir son récépissé et après ça, tout faire pour mener une bonne campagne. Se faire enrôler est un devoir citoyen et il est important de se faire enrôler et mais aussi d’aller voter. On vote pour quelqu’un qui va te défendre, l’Assemblée Nationale est là pour défendre les intérêts de la République, mais en même temps contrôler l’action gouvernementale et légiférer. Il est important que les citoyens prennent d’assaut les CAERLE pour se faire enrôler et aussi voter pour leurs candidats qui vont leur offrir une bonne offre.

Guineematin.com : quel est votre regard sur les activités du FNDC auxquelles vous prenez part ?

Diabaty Doré, président du parti Rassemblement Pour la République

Diabaty Doré : je crois qu’il faut se réjouir aujourd’hui de la mise en place de cette structure. Le FNDC est venu à un moment opportun parce que vous n’êtes pas sans savoir que ce pays est pris en otage par ce système. N’eut été la mise en place du FNDC, je crois que le projet machiavélique, satanique qui est le troisième mandat ou la nouvelle constitution, allait voir le jour. Si vous voyez que le président de la République et ses promoteurs n’arrivent pas encore à réussir à organiser le référendum, cela veut dire que le FNDC est venu à un moment opportun. Je remercie et félicite le peuple de Guinée. C’est le monde entier qui se rend compte qu’en Guinée, les 80% des guinéens ne veulent pas du troisième mandat d’Alpha Condé ou d’une nouvelle constitution. Le FNDC est un état d’esprit, ce n’est pas un parti politique, ni une société civile. Le combat qu’il mène n’est pas un combat personnel, c’est un combat républicain et donc nous devons saluer le FNDC, les membres et tout le peuple de Guinée et de dire que le combat n’est pas encore fini. Je demande au peuple de Guinée de rester serein, de rester débout comme un seul homme et de continuer la lutte. En fin, je voulais présenter mes condoléances à la mémoire de nos héros, de nos disparus qu’on va enterrer aujourd’hui. Que leurs âmes reposent et Dieu leur accorde son paradis.

Interview réalisée par Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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