De nombreux dysfonctionnements entourent la révision des listes électorales, lancée depuis deux semaines. Des couacs sont signalés aussi bien en Guinée qu’à l’étranger et font redouter des élections bâclées. L’un des problèmes signalés est le manque de récépissés dans de nombreuses Commissions Administratives d’Etablissement et de Révision des Listes Électorales (CAERLE). C’est le cas au secteur Poudrière du quartier Simbaya Gare, dans la commune de Ratoma, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les dysfonctionnements se multiplient depuis le lancement de la révision des listes électorales, le 21 novembre 2019. Si en Haute Guinée on dénonce des cas présumés d’enrôlement de mineurs, ailleurs c’est le matériel électoral qui tombe en panne ou qui se trouve être insuffisant.

Au secteur Poudrière, dans le quartier Simbaya Gare, il y a un manque notoire de récépissés. Toute chose qui agace les présidents des bureaux d’enrôlement. Abdoulaye Sall, président des bureaux 1041 et 1042 du secteur Poudrière, se plaint de nombreuses difficultés. « On a d’énormes difficultés ici. Ça fait une semaine maintenant et quelques jours, on n’a pas les récépissés, et pourtant l’information a été transmise à nos supérieurs pour nous aider à trouver une solution à ce problème. Mais, il n y a toujours pas de réponse. Donc, à chaque fois qu’on enrôle les gens, on leur dit de venir demain ou après-demain. Tout ça, pour éviter des échauffourées comme ont fait nos frères au Sénégal à l’ambassade ».

D’ailleurs, Abdoulaye Sall et son équipe, qui redoutent le pire, ont été obligés d’arrêter le processus pour quelques jours. « Ces deux derniers jours, on était obligé d’arrêter les enrôlements parce que les gens avaient déjà commencé à se mobiliser massivement et on risquait d’être menacé pour quelque chose qu’on n’a pas commis. Donc, on a décidé de faire une pause et voir la suite ».

En outre, monsieur Sall dénonce les difficultés rencontrées sur le terrain par les agents enrôleurs. « La CENI ne donne absolument rien aux membres des CAERLE et aux opérateurs de saisie comme dépenses. Mais, avec l’aide des voisins, on mange bien chaque jour. On a usé de toutes nos forces pour faire recenser les citoyens, mais jusqu’à présent ça ne marche pas. Notre équipe est au nombre de sept personnes, et trois machines qui peuvent recenser chacune 70 à 80 personnes par jour. Chaque personne qui se fait enrôler prend 4 à 5 minutes. Donc, par jour on enrôle jusqu’à 200 personnes à Simbaya Gare, secteur poudrière, sans leurs récépissés. Concernant la CECI (Commission Electorale Communale Indépendante), on nous a parlés aujourd’hui d’un salaire de 200 mille FG. Cela veut dire que nous recevons 8000 mille FG par jour du 21 novembre au 16 décembre 2019 », a-t-il révélé.

A leur tour, les opérateurs de saisie ont également expliqué leur galère par rapport à ce processus. C’est le cas de Boubacar Biro Baldé du même secteur. « Le problème de récépissés nous présente comme des ennemis face à cette population du secteur Poudrière, par ce qu’ils décident même de se révolter contre nous. Et pourtant, l’affaire des récépissés, on a remonté l’information depuis qu’on a entamé le travail. Mais toujours, il n’y a pas de solution, même au niveau de l’autorité compétente… Il y a même une dame qui nous a mal parlé ce matin par ce que pour elle, c’est nous qui sommes sur les lieux, qui ne fournissons pas d’efforts pour envoyer les récépissés ».

De son côté, Camara Ibn Younoussa, opérateur de saisie du secteur poudrière, craint la colère des citoyens. « Actuellement; c’est le manque de récépissés qui est notre problème fondamental. Nos machines fonctionnent bien et les gens viennent beaucoup pour se faire enrôler. Mais, nous risquons d’avoir des coups de fouets ici », a-t-il lancé.

Amadou Mouctar Baldé pour Guineematin.com

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