Comme annoncé précédemment, plusieurs responsables et militantes du FNDC ont manifesté à nouveau ce jeudi, 12 décembre 2019, à Conakry. Avec des slogans comme « Halte aux tueries de nos enfants » et « Justice pour nos morts », ces femmes ont marché du rond-point de Hamdallaye (dans la commune de Ratoma) jusqu’à l’esplanade du stade du 28 septembre (Dixinn Terrasse).

Elles ont rendu publique une déclaration dans laquelle elles fustigent encore une fois les tueries enregistrées lors des différentes manifestations politiques en Guinée et exigent la justice pour toutes les victimes.

Guineematin.com vous livre ci-dessous l’intégralité de la déclaration lue par leur porte-parole du jour.

Déclaration des femmes du FNDC

Femmes de Guinée, femmes endeuillées, mères des victimes, filles de Guinée, futures mères,

Vous vous êtes mobilisées encore ce jeudi, 12 décembre 2019 pour dire Non au sang qui coule toujours dans notre pays martyrisé. Vous avez raison de montrer votre mécontentement, votre tristesse et votre demande de justice pour ces nombreuses pertes en vies humaines sans compter les nombreux handicapés à vie.

Femmes et filles de Guinée,

Depuis plusieurs mois maintenant, nous avons pris des contacts, fait des plaidoyers, effectué des marches blanches, et donc pacifiques, pour exiger l’arrêt des tueries de guinéens innocents. Surtout ceux morts dans l’exercice de leur droit constitutionnel de manifester. Notre marche d’aujourd’hui se situe dans le même contexte. Nous voulons un arrêt définitif de ces exactions conduisant à des pertes en vie humaines de guinéens innocents.

Nous voulons que des enquêtes sérieuses soient menées autour des tueries pour que les acteurs et commanditaires soient punis conformément à la loi. Nous ne voulons pas nous livrer à une comptabilité macabre. Mais nous avons le devoir d’informer l’opinion nationale et internationale que le chiffre de 127 morts est atteint depuis la semaine dernière. Cela ne laisse pas une femme tranquille. Nous ne sommes pas loin des 157 Guinéens massacrés au stade du 28 septembre en 2009, ce qui a été classé dans la catégorie des crimes contre l’humanité.

Femmes de Guinée,

Notre appel avait été entendu par Amnesty International qui a, dans son rapport annuel, demandé au gouvernement guinéen de clarifier les cas de près de 70 morts. Tout récemment, l’un des Guinéens les plus respectés, le Cardinal Robert Sarah, a poussé un cri de cœur et exigé l’arrêt des tueries et la fin de l’impunité. A la suite de cette exigence, nous femmes de Guinée, nous réitérons notre exigence pour la mise en place d’une commission d’enquête internationale pour faire la lumière sur les 127 cas de morts complètement identifiés.

Femmes de Guinée, restons debout et unies. Ensemble nous vaincrons.

Vive les femmes de Guinée ! Vive la Guinée ! Vive la paix !

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