Dr Fodé Oussou Fofana, président du groupe parlementaire Libéral Démocrate

La reprise du dialogue politique inter-guinéen ne semble pas avoir fait bouger les lignes en ce qui concerne les problèmes qui entourent le processus électoral. Le comité de suivi, rouvert à la demande des partenaires techniques et financiers du pays, a tenu sa deuxième séance de travail le mercredi dernier, 11 décembre 2019. Mais, ces travaux n’ont pas permis encore d’arriver à un accord entre mouvance et opposition autour de la finalisation des élections locales du 04 février 2018 et les préparatifs des législatives du 16 février 2020.

Dr Fodé Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG, estime d’ailleurs qu’il n’y a pas de volonté de la part du pouvoir de dialoguer sincèrement. « Ils invitent les gens à se rencontrer autour de la table, mais ils ne sont pas de bonne foi. On fait semblant de dialoguer mais ce n’est pas le cas en réalité », a dit l’opposant.

Il souligne qu’au cours des travaux du mercredi, 11 décembre, la Commission Électorale Nationale Indépendante a laissé entendre qu’elle ne dispose des résultats des élections locales par quartier. Ce qui l’empêcherait d’installer les conseils de quartiers et de districts. Une version inadmissible pour Fodé Oussou Fofana.

« Comment la CENI peut dire qu’elle n’a pas les résultats des quartiers ? Vous organisez des élections, vous proclamez les résultats qui ont permis d’installer les conseillers dans les mairies et puis vous dites que vous n’avez les résultats des quartiers. Ils disent qu’il faut 80 jours pour qu’ils puissent avoir ces résultats. Ces gens-là méritent même la prison. Dans un pays normal, ils allaient être conduits en prison », a-t-il dit.

Pour le parlementaire, il est impossible d’aller à des élections crédibles le 16 février prochain, parce que les conditions sont loin d’être remplies pour aller à ce scrutin. Il s’insurge notamment contre le déroulement des travaux d’enrôlement des électeurs et de révision des listes électorales, en cours sur le terrain. « La CENI veut brûler ce pays en essayant d’organiser des élections dans ces conditions.

Parce que dans ce pays il n’y aura pas d’élections sans nous et il n’y aura pas d’élections avec un fichier pourri comme ça. S’ils pensent qu’on va rester à la maison et croiser les bras en disant qu’on ne va pas à une élection dans ces conditions-là, ils se trompent. S’ils tentent de faire un forcing en allant à des élections avec un fichier pourri comme celui qu’on est en train de préparer aujourd’hui, ils seront responsables devant le monde entier de ce qui va se passer ici. S’ils sont décidés, on est dix mille fois plus décidés qu’eux », prévient l’opposant.

Ce vice-président du principal parti d’opposition du pays « espère » que les partenaires techniques et financiers qui ont appelé à la réouverture du comité de suivi « vont tirer les conclusions » et permettre d’aller à des élections transparentes et apaisées.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628 12 43 62

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