Après trois ans d’enquête dans le secteur minier, la coalition Publiez Ce Que Vous Payez Guinée (PCQVP) a publié son rapport d’activités dans la soirée d’hier vendredi, 13 décembre 2019. Dans ledit rapport, il ressort que le niveau de mise en application des dispositions de l’actuel code minier amendé en 2013 fait défaut sur le terrain, notamment à Dinguiraye et Boké où exercent respectivement les sociétés SMD et SMB, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans ce nouveau rapport de la Coalition Publiez ce que vous Payez Guinée, l’essentiel du débat a porté sur le Fonds de Développement Economique et Local (FODEL) qui constitue un moyen de financement des communautés impactées par l’exploitation minière. Les enquêtes ont été menées dans les deux sociétés minières qui ont volontairement souscrit au payement du FODEL. Il s’agit de la Société Minière de Dinguiraye (SMD) et la Société Minière de Boké (SMB).

Dr Abdoulaye Diallo, président de Publiez Ce Que vous Payez Guinée

Dr Abdoulaye Diallo, président de Publiez Ce Que vous Payez Guinée a rappelé que sa structure publie son rapport d’enquête au mois de décembre de chaque année. « Cette année, nous avons mis le focus sur le FODEL qui est cette disposition de l’article 130 qui dispose que les sociétés minières en phase d’exploitation assujetties à ce code amendé en 2013 doivent verser 0,5% ou 1% de leurs chiffres d’affaire à travers une convention de développement local qu’elles signent librement avec les communautés. Nous savons que le gouvernement a pris un décret en 2017 et également il y a eu un arrêté conjoint, mais jusqu’à présent nos enquêtes sur le terrain à Boké et à Dinguiraye révèlent que les payements ne sont pas encore effectifs au niveau de ces collectivités. Avec le FODEL, ce sont des revenus qui sont versés directement aux communautés impactées par l’exploitation minière. Nous estimons que l’ANAFIC aujourd’hui, à travers le système de péréquation, est bénéfique à l’ensemble des collectivités. Mais le FODEL, c’est la justice, c’est le droit pour les communautés impactées. Et, nous estimons qu’aujourd’hui, à travers nos enquêtes, cette disposition n’est pas encore opérationnelle à Boké et à Dinguiraye », a-t-il fait savoir.

Outre le non payement du Fonds de Développement Economique et Local (FODEL) aux communautés impactées par l’exploitation minière, Dr Abdoulaye Diallo a égrené d’autres manquements qui ne sont pas conformes aux dispositions légales. « Sur le terrain, il y a beaucoup d’écarts en terme de non-respect des obligations environnementales. Il y a des communautés qui abritent des sociétés qui sont en phase de recherche qui creusent des trous et qui ne les restaurent pas. Et dans ces trous, il y a personnes qui sont blessées, des bétails qui s’engouffrent. C’est des pertes économiques mais aussi ce sont des terres qui ne sont pas exploitables pour l’agriculture. Nous estimons qu’avant de renouveler les permis pour les sociétés qui sont en phase d’exploitation ou qui sont en phase de recherche, il est important qu’il y ait un contrôle par rapport au respect des obligations environnementales », a -t-il sollicité.

En ce qui concerne la principale recommandation de ce rapport, Dr Abdoulaye Diallo invite le gouvernement à jouer sa partition. « Nous interpellons le gouvernement, le président de la République pour le respect, pour l’opérationnalisation effective du FODEL, c’est-à-dire à travers l’article 130, pour que le payement sur les chiffres d’affaire qui est versé directement aux communautés impactées soit une réalité », a-t-il lancé.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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