Le moins qu’on puisse écrire aujourd’hui est que le régime Alpha Condé a mal perçu les consultations menées en Guinée par les anciens chefs d’Etat du Bénin et du Nigéria. Nicéphore Soglo et Goodluck Jonathan ont posé leurs valises à Conakry à un moment où le Front national pour la défense de la Constitution mobilise les Guinéens pour s’opposer à la volonté du président Alpha Condé de changer la Constitution du pays pour se maintenir au pouvoir après son dernier mandat, en 2020.

Dans la soirée d’hier, le gouvernement guinéen a diffusé un communiqué faisant croire que les anciens présidents du Bénin et du Nigéria auraient reconnu être venus par surprise en Guinée, qu’ils auraient présenté leurs excuses et qu’ils auraient même accusé le NDI et la Fondation Kofi Annan de les avoir manipulés (sic !).

Or, plus de deux semaines avant leur arrivée en Guinée, le 09 décembre 2019, les organisateurs de cette visite avaient adressé des lettres de demandes d’audience aux différentes institutions ciblées. La présidence de la République par exemple avait signé l’accusé de réception le 26 novembre.

Bref, ce communiqué laisse entrevoir que les autorités guinéennes ont possiblement été gêné par cette visite des anciens dirigeants qui n’ont pas caché leur volonté de revenir autant de fois que nécessaire pour défendre la démocratie et le respect des Lois en République de Guinée. Un camouflet pour le gouvernement.

On apprend d’ailleurs que les chefs d’Etat pourraient profiter du prochain sommet de la CECDEAO, à Abuja, pour clairement et indirectement interpeller le président Alpha Condé sur sa responsabilité personnelle dans les conséquences qui adviendraient d’un tripatouillage de la Constitution. Déjà que les manifestations anti-troisième mandat ont engendré plus de 26 morts à Conakry et à l’intérieur du pays.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, cette lettre de demande d’audience :

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