Fin des opérations de recensement : ce qu’en pensent certains citoyens de Conakry

Lancées le 21 novembre dernier, les opérations d’établissement et de révision des listes électorales ont pris fin dans la journée du lundi, 16 décembre 2019 en Guinée. De nombreux dysfonctionnements ont émaillé le processus pour le moins décrié par les acteurs politiques.

Au lendemain de la fin de ce processus d’enrôlement, un reporter de Guineematin.com a donné la parole à certains citoyens de Conakry, notamment dans la commune de Kaloum. Ces compatriotes ont dénoncé entre-autres le manque de récépissés dans les différentes Commissions Administratives d’Etablissement et de Révision des Listes Électorales (CAERLE).

Alhassane Mara, informaticien, domicilié à Bonfi

Mara Alhassane, informaticien, domicilié à Bonfi : « le recensement est terminé, mais ça ne m’inspire pas beaucoup de confiance. Bien-sûr que je me suis recensé, mais le recensement s’est interrompu pour un temps et puis, les agents de recensement disaient qu’ils n’ont pas reçu leurs per diem. Il y a eu beaucoup de retard. Je connais beaucoup de mes amis qui n’ont pas été recensés aussi. Du moment où le recensement ne se passe pas bien, l’élection ne peut pas être crédible et transparente. Surtout quand on parle des doublons au niveau des enfants et des leaders. Je lance un appel à la CENI plutôt de chercher à prolonger le délai ».

Ibrahima Sory Barry, rencontré à Kaloum

Ibrahima Sory Barry, rencontré à Kaloum : « moi j’ai été là-bas pendant deux semaines pour me recenser, mais jusqu’à présent je n’ai pas retrouvé ma carte. J’ai pris le numéro des gens qui travaillent là-bas, j’appelle mais jusqu’à présent je n’ai pas reçu. J’aimerais retrouver ma carte en tant que citoyen mais je suis désolé avec la manière-là. Si les gens n’ont pas de cartes, ils ne pourront pas voter. C’est une élection qui va créer beaucoup de doute. Nous on ne prie que pour la paix en Guinée ».

Aboubacar Camara, administrateur civil, domicilié au quartier Almamya

Aboubacar Camara, administrateur civil, domicilié au quartier Almamya : « le recensement s’est bien passé à mon niveau. Lorsque je me faisais enrôler, il n’y avait pas assez de monde et je l’ai fait tranquillement et j’ai quitté. Concernant les autres, moi je pense que la CENI doit leur accorder une dernière chance de se faire recenser. Puisque nous n’avons pas les mêmes préoccupations. Certains n’ont pas pris ça en considération. Pour eux, ce n’était pas une chose qui pouvait se terminer hier. Ils disaient qu’ils vont donner encore une autre date. Mais cela n’a pas été le cas. Ça me ferait plaisir si la date était prolongée ».

Amadou Ansou Camara, commissionnaire en douane, rencontré à Kaloum

Amadou Ansou Camara, commissionnaire en douane, rencontré à Kaloum : « à propos du recensement, moi-même particulièrement, je me suis recensé. Mais, on ne m’a pas donné le récépissé. On me dit de passer pendant le mois de janvier pour prendre. Je souhaite vraiment que la CENI fasse tout possible de permettre à ceux qui ne sont pas encore recensés soient recensés. Même si c’est deux ou trois jours, ils n’ont qu’à ajouter ça pour qu’on puisse faire les élections de façon convenable ».

Aboubacar Cissé, Transitaire domicilié au quartier Aviation

Aboubacar Cissé, Transitaire domicilié au quartier Aviation : « je me suis recensé mais il y’avait de l’erreur au niveau de mon nom. J’étais parti le dimanche passé pour corriger ça, ils m’ont dit qu’il n’y avait pas de récépissés. Cela fait une semaine. On m’a dit de repasser le lundi et nous n’avons pas le temps les lundis. Ils m’ont aussi dit qu’il y a plus de 200 et quelques personnes qui sont recensées, leurs noms se trouvent dans la machine, mais il n’y a pas de récépissés. Le recensement ne s’est pas bien passé. Pas du tout. Le président de la CENI, s’il ne prolonge pas la date, moi je ne pourrais pas voter. S’il prolonge la date, je peux aller corriger l’erreur qui se trouve au niveau de mon nom. Dans le cas contraire, je ne pourrais pas ».

Thierno Moussa Diallo, chauffeur à MTN, rencontré à Kaloum

Thierno Moussa Diallo, chauffeur à MTN, rencontré à Kaloum : « j’ai trouvé plusieurs anomalies. D’abord la primordiale, c’est le fait que de partir se recenser et on dit que les récépissés ne sont pas là, on te dit de te recenser. Finalement, je me suis recensé hier et je n’ai pas eu mon récépissé. Donc, déjà j’ai un doute. Selon moi, ce n’est pas clair. Si non tu t’engages pour quelque chose et que les matériels primordiaux ne sont pas là, comment est-ce que tu pourras t’en sortir. Je ne suis pas sûr que j’aie ma carte d’électeur vue que je n’ai pas reçu le récépissé. Là où le petit récépissé n’a pas été possible d’avoir, je doute vraiment si je vais recevoir ma carte d’électeur. Ils ne nous ont pas donné de délai. Que quand les cartes seront disponibles, que nous qui nous sommes faits recenser sans recevoir les récépissés, on sera en possession de notre carte d’électeur. Il peut y avoir une élection saine mais il y aura des doutes. Parce que toute chose, quand tu doutes de la chose, même si elle est bien faite, ta conscience va te dire non. Vu que tu doutais. Donc, moi je crois qu’il devrait prendre des précautions de telle sorte que tout le monde soit serein en allant voter. Si tu es certain que tu pars voter et que tu sais que ta voix là à qui tu as destiné va le recevoir, tu seras au moins rassuré. Mais, si tu pars avec des suspicions déjà, tu peux contester même ce qui est bon. Si c’était moi, on allait prolonger, même si c’était deux semaines, faire de telle sorte que ceux qui se sont recensés et qui n’ont pas pu recevoir leurs récépissés, reçoivent leurs récépissés avant même la remise des cartes d’électeurs. Parce que là au moins, ça pourrait diminuer les doutes et la tension qui est dans notre pays ».

Propos recueillis par Mohamed DORE

Tél. : +224 622 07 93 59

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