Les commissaires issus des rangs de l’opposition à la CENI (Commission Électorale Nationale Indépendante) ont suspendu hier mardi, 17 décembre 2019, leur participation aux travaux du processus électoral en cours. Cette décision des 7 commissaires continue de faire couler un flot de salive à travers la Guinée. A la mouvance présidentielle, cette décision est mal perçue où l’on dénonce une démarche maladroite.

Tel est l’avis défendu par Souleymane Kéita, conseiller chargé de mission à la présidence de la République et coordinateur de la cellule de communication du RPG Arc-en-ciel, joint au téléphone par Guineematin.com au lendemain de l’annonce de cette décision.

Souleymane Keïta du RPG Arc-en-ciel est très amer contre les 7 commissaires de la CENI, issus de l’opposition, qui ont décidé de suspendre leur participation aux travaux du processus électoral en cours dans notre pays. Selon lui, leur démarche est anti-démocratique et vise à empêcher la tenue des élections législatives fixée au 16 février 2019. « En République de Guinée, on n’organise pas les élections selon la volonté de l’Opposition. Les élections sont organisées conformément à la règlementation en vigueur, c’est-à-dire le code électoral et l’ensemble des textes qui sont relatifs au processus électoral. Nous, nous considérons que c’est une démarche maladroite de la part de l’Opposition, en tout cas des commissaires de l’Opposition qui, à mon avis, sont en train de se faire téléguider malheureusement par les états-majors de leur parti. Ce qui est très dommage. C’est une violation de leur serment, mais aussi un acte de renoncement à sa responsabilité », soutient monsieur Kéita.

Pour notre interlocuteur, les commissaires auraient pu adopter une autre démarche, conformément aux lois qui régissent la CENI. « Nous avons commencé un processus électoral qui fonctionne normalement pour le moment et plusieurs étapes du processus ont été mises en place. Alors, s’il y a des problèmes sur lesquels les commissaires n’ont pas le même point de vue, bien entendu les textes de loi définissent les modèles de résolution de ces problèmes. Maintenant, de là à se retirer du processus électoral, c’est juste de bloquer le processus et de faire en sorte qu’on n’ait pas des élections comme le souhaite l’Opposition. Je crois qu’on n’a pas besoin d’un Sorbonien pour comprendre la stratégie de l’opposition qui consiste à faire aujourd’hui tout pour qu’on n’ait pas des élections législatives afin de permettre aux députés, dont le mandat est arrivé à terme, de continuer à siéger jusqu’à la présidentielle. Les opposants le disent partout, que ça soit Sidya Touré, que ça soit Cellou Dalein Diallo », lance Souleymane Kéita.

Cependant, le coordinateur de la cellule de communication du parti au pouvoir en Guinée dit que cette décision ne va pas les détourner de leur combat. « Nous, nous n’allons pas renoncer à notre devoir républicain. Aujourd’hui, c’est le professeur Alpha Condé qui tient les rênes du pouvoir, et conséquemment, il a des obligations vis-à-vis du peuple de Guinée. Et parmi ces obligations, c’est faire en sorte qu’il y ait des institutions crédibles, qui fonctionnent normalement. Donc, le renouvellement de l’Assemblée est une nécessité. Le processus est déclenché, et nous de la mouvance présidentielle, on ne voit aucune raison qui puisse bloquer le processus. Donc, nous irons jusqu’à terme », a-t-il averti.

Pour Souleymane Kéita, ce retrait des 7 commissaires du processus n’aura aucun impact sur la poursuite des opérations. « Leur retrait du processus électoral n’impacte en rien. L’idée de la CENI n’est pas le fait qu’on amène des experts qui font un travail technique. C’est une question de participation politique pour assurer l’inclusivité de l’ensemble des acteurs politiques. En fait l’idée de la CENI n’est pas de faire en sorte que surtout dans le contexte guinéen, ce n’est pas une CENI technique, c’est une CENI politique. Donc, le rôle est beaucoup plus un rôle d’inclusivité, c’est-à-dire faire en sorte que l’ensemble des acteurs du processus électoral participent à tout le processus pour s’assurer de la transparence et du bon déroulement de la chose. Dans d’autres pays, il n’y a pas de CENI. Donc, si les commissaires se retirent, ça n’impacte en rien sur l’efficacité du travail qui se fait au niveau de la CENI »

N’empêche que monsieur Kéita invite les 7 commissaires à changer d’avis. « Je leur demande revenir à de meilleurs sentiments parce qu’ils sont en train de prêcher dans le désert. Ce stratagème ne va pas arrêter le processus électoral, ils sont en train de renoncer à leur devoir, ils sont en train de faire du parjure, conséquemment, ils en auront à faire avec leur conscience. Je crois que ce n’est pas pour des intérêts égoïstes qu’on va abandonner le travail de la République au prétexte qu’un leader politique comprend sa défaite prochaine. C’est clair, donc on se connait suffisamment dans l’arène politique guinéenne, il est extrêmement important de privilégier les intérêts de la Guinée, pour faire en sorte que notre pays puisse fonctionnement normalement ».

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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