Jean Pape Haba a comparu hier, mardi 17 décembre 2019, devant le tribunal de première instance de Dixinn. Il est poursuivi pour assassinat après avoir battu à mort son fils Bertin Pape Haba, âgé de quatre au moment des faits. L’acte s’est passé au mois d’août 2016 au quartier Lambanyi, dans la commune de Ratoma, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters. L’accusé, qui est détenu à la maison centrale de Conakry depuis le 26 août 2016, a reconnu avoir tué l’enfant, mais a expliqué l’avoir fait de façon involontaire.

« Je voulais mettre l’enfant sur le bon chemin. Je voulais qu’il s’exprime bien en français. Parce que chaque fois que je quitte le travail pour la maison, les enfants des voisins m’accueillent en disant Tonton est venu. Et j’ai constaté que mon enfant ne peut pas articuler même un mot en langue française. Pour corriger cela, j’ai cherché un répétiteur à la maison pour l’aider à parler le français. Mais l’enfant a refusé de suivre les révisions. C’est ainsi que j’ai moi-même pris le tableau pour lui faire quelques séances de révision en langue française. C’est ainsi que je l’ai corrigé avec un caoutchouc au dos et au niveau des fesses », a-t-il dit.

Il ajoute que lorsqu’il a frappé l’enfant, celui-ci est tombé et a perdu connaissance. « J’ai pris une quantité d’eau glacée que j’ai versée sur lui pour tenter de le réanimer mais ça n’a pas marché. Paniqué, je l’ai envoyé à l’hôpital Ignace Deen, où les médecins m’ont dit qu’il est déjà mort », ajoute le père de famille.

Après la mort de l’enfant, Jean Pape Haba est revenu à la maison. Selon ses explications, il a revendu à 3 millions, une moto qu’il avait achetée à 7 millions de francs. Il a pris cet argent pour se rendre chez son oncle à Siguiri. C’est là-bas qu’il a été interpellé et reconduit à Conakry. « Mais, je n’ai pas voulu la mort de mon enfant, j’ai juste voulu jouer le rôle d’un père sévère. Je demande pardon à mon enfant et à sa mère. Même quand je dors en prison, je le (l’enfant) vois en songe. Mais quand je m’approche de lui, il me fuit. Je n’ai pas voulu sa mort, c’est seulement le destin qui l’a voulu ainsi », s’est-t-il défendu devant le tribunal.

Mais, ces arguments n’ont pas convaincu le procureur Daouda Diomandé. Dans ses réquisitions, le représentant du ministère public a estimé que l’acte de Jean Pape Haba était prémédité. C’est pourquoi il a demandé au tribunal de le condamner à la prison à perpétuité. « L’enfant n’a même pas été scolarisé, il n’a que 4 ans. Il (l’accusé) a voulu que l’enfant, qui ne connait rien encore, parle tout de suite et maintenant le français.

Et il savait que l’enfant ne pouvait pas parler tout de suite et maintenant cette langue. Il a pris un caoutchouc dur pour frapper l’enfant. Et quand sa femme lui a dit de cesser, il a proféré des menaces à son encontre. Donc c’est un acte prémédité. C’est pourquoi, je demande au tribunal de faire application de l’article 208 du code pénal guinéen en le condamnant à la prison à perpétuité avec une période de sureté de 30 ans », a-t-il requis.

De son côté, maître Mohamed Abou Camara, l’avocat de la défense, a demandé au tribunal de requalifier les faits d’assassinat en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Finalement, le dossier a été mis en délibéré et décision du tribunal est attendue le 24 décembre 2019.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin