Mme Daffé Emilie Julienne

Depuis quelques jours, la capitale guinéenne vibre au rythme des fêtes de fin d’année. Après la célébration de Noël par les chrétiens, de nombreux citoyens, toutes religions confondues, s’apprêtent à fêter la fin de cette année et le début d’une nouvelle année. Mais, les préparatifs de ces fêtes ne se passent pas, pour beaucoup, comme ils l’auraient souhaité. Interrogés ce vendredi, 27 décembre par un reporter de Guineematin.com, plusieurs habitants de Conakry regrettent de ne pas pouvoir bien célébrer ce moment de joie, en raison de leurs conditions économiques difficiles.

Après Noël (célébrée le 25 décembre), plusieurs citoyens de Conakry nourrissent l’envie de festoyer le 31 décembre. A qui mieux-mieux, chacun se prépare pour ce dernier jour de l’an. Mais, les difficultés économiques actuelles ont l’air de surplomber les désirs de la célébration. « Comme je suis en bonne santé, je remercie le seigneur pour cette grâce », entend-on souvent dans les conversations.

Rencontré dans la presqu’île de Kaloum, qui abrite le centre administratif de Conakry, madame Daffé Emilie Julienne se plaint de la conjoncture économique actuelle et dit être entre le marteau et l’enclume. « Etant chrétienne, je loue le seigneur et je remercie Dieu parce que quand la fête te trouve en bonne santé, c’est le premier don de Dieu. Sinon franchement, en Guinée, ça ne va pas sur le plan financier. Les préparatifs des fêtes de fin d’année sont très durs… J’ai bien fêté Noël, j’ai reçu le Messie Jésus-Christ qui va apporter la paix à la Guinée. Mais, fêter la saint-sylvestre en famille va être difficile. Parce que ça ne va pas financièrement, je dirais que nous sommes entre le marteau et l’enclume. Mais, étant chrétienne, je reste convaincue que Dieu me donnera quelque chose pour pouvoir nourrir ma famille », a-t-elle dit.

madame Lucie Joseph, secrétaire de Mgr David Gomez de l’église Anglicane

De son côté, madame Lucie Joseph, secrétaire de Mgr David Gomez de l’église Anglicane, dit être entre la joie et désarroi. « Je dirais d’abord merci à Dieu, parce que toute ma famille se porte bien, en Guinée comme à l’étranger. Mais, il faut le dire clairement. Pour ces fêtes de fin d’année, rien ne va sur le plan financier. Nous nous demandons comment tenir le coût des dépenses pour les préparatifs. C’est extrêmement grave pour ce gouvernement actuel de ne pas venir en aide à son peuple pour ce genres de fêtes. Vraiment, nous sommes entre joie et désarroi, parce que nous ne savons pas comment sortir la tête pour mieux fêter cette fin d’année. Mais, malgré tout, nous restons confiants, parce que Dieu est la dernière solution pour ses créatures », a confié cette dame.

Bawa Adou

Pour sa part, Bawa Adou dit être déboussolé à cause de la situation compliquée qu’il vit. Il garde tout de même espoir et compte sur une intervention divine pour traverser cette épreuve. « Les fêtes de fin d’année ne s’annoncent pas bien pour moi parce qu’au moment où je suis en train de vous parler, je suis à pied-œuvre pour chercher de l’argent ; mais, hélas ! Rien à signaler pour le moment. Je me demande comment je vais préparer ces fêtes de fin d’année avec ma famille. Je suis complètement perdu. Mais, tant qu’on vit et on respire, il y aura de l’espoir », a laissé entendre ce Guinéo-Ivoirien, qui travaille dans une agence d’assurance, sise à Kaloum.

Bien qu’ils traversent pour la plupart une période de vache maigre, de nombreux habitants de Conakry se préparent à célébrer la fête du 31 décembre et du 1er janvier, marquant respectivement la fin de l’année 2019 et le début de 2020. A défaut d’avoir un nouveau costume, pour les hommes, et une nouvelle robe, pour les femmes, certains comptent trier le contenu de leurs placards, pour se parer (se saper) d’un complet étincellent. Comme le dit l’adage : « à l’absence de la mère, on se contente de la grand-mère ».

Léon Kolié pour Guineematin.com

Tel. 661 74 99 64

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