Examen Périodique Universel : ce que la société civile guinéenne recommande à l’Etat

La COLTE/CDE a organisé hier, vendredi 27 décembre 2019, un atelier de restitution de la pré-session du conseil des droits de l’Homme, portant sur l’Examen Périodique Universel (EPU) de la Guinée. Elle a réuni plusieurs activistes de la société civile guinéenne à Conakry pour leur faire le point des travaux, qui ont eu lieu du 8 au 13 décembre 2019 à Genève, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Pour cette pré-session, trois représentants de la société civile guinéenne sont partis à Genève, au siège du conseil des droits de l’Homme. Ils sont allés donner leur point de vue sur la situation des droits de l’Homme en Guinée, mais aussi formulé des recommandations à l’endroit de l’Etat guinéen. Au retour de cette délégation, la Coalition des ONG de Protection et de Promotion des Droits de l’Enfant Luttant Contre la Traite (COLTE/CDE) a jugé nécessaire de réunir 25 activistes de la société civile pour leur faire le compte-rendu des travaux.

Saïkou Yaya Diallo, directeur exécutif du Centre Guinéen pour la Promotion et la Protection des Droits de l’Homme et membre de la coalition EPU Guinée

Saïkou Yaya Diallo, directeur exécutif du Centre Guinéen pour la Promotion et la Protection des Droits de l’Homme et membre de la coalition EPU Guinée, est revenu sur son exposé à l’occasion de cette pré-session. « L’EPU est un processus d’évaluation des Etats membres des Nations Unies par les Etats membres des Nations Unies. Ce processus se fait chaque 5 ans. Mais avant que l’Etat ne soit examiné par les Etats, ces Etats examinateurs invitent les acteurs de la société civile pour écouter leur point de vue par rapport à la situation globale des droits de l’homme de l’Etat avant de rencontrer l’Etat. Ça leur permet de confronter le rapport que la société civile a présenté à celui de l’Etat. Donc, c’est à cet effet qu’on est allés à Genève. Personnellement, je suis intervenu sur les thèmes : espace société civile, liberté de la presse, défense des droits de l’Homme et protection de l’environnement. Les autres collègues ont présenté des thématiques liées aux droits de la femme et aux droits des enfants », a-t-il indiqué.

Après les exposés, les acteurs de la société civile ont formulé des recommandations visant à améliorer la situation des droits de l’Homme en Guinée. « Il a été demandé au gouvernement guinéen, sur l’espace société civile par exemple, de faire en sorte que la loi L013 puisse être amendée dans le sens d’améliorer l’environnement de travail. On se rend compte ces derniers temps, qu’il y a une sorte de restriction de la part de l’Etat vis-à-vis de la société civile. Mais également de délivrer les agréments. Vous avez vu que depuis quelques années, on refuse de délivrer les agréments pour les associations et les partis politiques. Sur la question de la liberté de presse, c’est qu’aujourd’hui, on s’est rendu compte que les journalistes sont menacés alors que le délit de presse est dépénalisé. Nous avons souhaité qu’on respecte cela puisqu’aujourd’hui, on n’a aucun intérêt à mettre un journaliste en prison.

L’autre recommandation, c’est d’augmenter la subvention accordée à la presse. Nous avons souhaité que les 5% du budget de l’Etat soient accordés à la presse pour l’exercice budgétaire 2020. Egalement, sur la question de la défense des droits de l’Homme, c’est d’adopter la loi sur la défense des droits de l’Homme. Parce que la Guinée est le seul pays aujourd’hui qui n’a pas une loi qui protège les défenseurs des droits de l’Homme. Et également de faire en sorte que les défenseurs des droits de l’Homme aient accès à l’information publique et que les enquêtes que ces organisations mènent soient prises en compte dans les jugements que rendent les juridictions », a ajouté Saïkou Yaya Diallo.

Mamadou Moudjitaba Diallo, coordinateur de la COLTE-CDE

A l’issue de cette rencontre de restitution, Mamadou Moudjitaba Diallo, coordinateur de la COLTE-CDE, a exprimé sa satisfaction par rapport au déroulement des travaux. Il espère que les recommandations faites auprès des institutions internationales seront prises en compte. « La restitution s’est très bien passée, parce que cette année nous avons eu la chance d’avoir trois personnes qui ont participé à cette pré-session. Ces trois personnes ont pu nous faire le compte-rendu de tout ce qui s’est passé, ils ont présenté les documents qui ont été élaborés et présenté aux corps diplomatiques accrédités auprès du conseil des droits de l’Homme. Ils nous ont raconté le film de l’évènement, comment la pré-session s’est passée en quatre jours (…)

Nos attentes actuellement sont que les pays membres examinateurs du système EPU, les membres du conseil des droits de l’Homme basé à Genève, acceptent de reconduire intégralement les recommandations formulées par la société civile guinéenne à l’endroit de l’Etat guinéen, en vue d’améliorer le respect des droits de l’Homme dans notre pays », a-t-il souhaité.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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