Grève des enseignants : « c’est une grève politique » (Ansa Diawara)

La grève générale et illimitée lancée par le SLECG, dirigé par Aboubacar Soumah, a été partiellement suivie ce jeudi, 09 janvier 2020, aux lycées Léopold Sédar Senghor de Yimbaya et Ahmed Sékou Touré de Gbessia. Selon le constat d’un journaliste de Guineematin.com qui s’est rendu sur place, les cours ont été dispensés dans certaines salles de classe alors que d’autres n’avaient pas d’enseignants en cette première journée de grève.

Au lycée Senghor, le proviseur, Elhadj Amara Balato Keïta, a livré un constat satisfaisant au micro de notre reporter. « Sur 23 programmés, moi j’ai mes 18 professeurs maintenant en classes. Je félicite ces professeurs qui sont venus faire leur devoir sacré, parce que donner la connaissance c’est donner tout à l’enfant. Nous sommes ici pour ça, nous sommes payés pour ça », a dit le responsable éducatif.

Elhadj Amara Balato Keïta, proviseur du lycée Léopold Sédar Senghor

Des propos qui contrastent quelque peu avec la réalité sur le terrain. Car, même si les cours ont été effectivement dispensés dans certaines classes, d’autres salles sont restées sans enseignants. Ce qui a amené certains élèves à rentrer à la maison avant 10 heures. Le proviseur de cette école exhorte les enseignants à revenir rapidement en classes, parce que dit-il, « il est immoral pour un enseignant de percevoir son salaire et refuser de venir enseigner. Le salaire est sacré, on ne peut pas prendre son salaire et danser à la zizanie. Il y a la grève et il y a la révolte. Nous sommes à la troisième année de grève, et celui qui vous parle, est un ancien de la vielle organisation appelée Syndicat de l’Education, donc j’en sais quelque chose. Aller chaque fois en grève, ce n’est pas bon. Je pense que si ce n’est pas le manque de communication, le gouvernement a mis le minimum pour que l’enseignant et les autres travailleurs se frottent la main. Nous venons d’apprendre qu’il y a les six échelons pour les travailleurs, ça sera payé et rappelé. Et nos primes seront rehaussées ».

Sidiki Kouyaté, proviseur du lycée Ahmed Sékou Touré

Au lycée Ahmed Sékou Touré de Gbessia, nous avons trouvé que les élèves étaient en récréation. Mais, selon le proviseur, Sidiki Kouyaté, les enseignants programmés étaient quasiment tous présents. « L’engouement que vous avez trouvé dans la cour doit vous dire beaucoup de choses. Je suis très satisfait du fait que les élèves et les enseignants ont entendu l’appel lancé par les autorités éducatives. Cela pour ne pas que cette année scolaire 2019-2020 soit sacrifiée, ce qui n’est à l’avantage de personne. Il y a 22 professeurs qu’on a programmés. Et sur les 22, il y a 18 qui sont présents ; les 4 absents, il y a 2 malades, 2 se sont abstenus », a-t-il laissé entendre.

Mohamed Ansa Diawara, directeur national de l’information, documentation et archives du Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA)

Présent sur le terrain pour faire un constat, Mohamed Ansa Diawara, directeur national de l’information, documentation et archives au ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA), a exprimé sa satisfaction. « On était vraiment venus vérifier est-ce que les enseignants étaient venus à l’école, est-ce que les élèves sont là, les encadreurs aussi. Et, notre constat a été positif (…) Il faut inviter les enseignants à venir à l’école et écouter le gouvernement. D’ailleurs, le président de la République, dans son adresse à la nation, a dit que le premier trimestre de cette année 2020, les choses rentreront en compte. Deuxièmement, nous sommes sur le 2ème point de l’accord du 10 janvier 2019. Alors, on ne sait pas par quelle magie on peut abandonner l’accord pendant que les points sont en train d’être résolus et se mettre dans la grève. C’est pourquoi je dis que ce n’est pas une grève syndicale, mais plutôt politique », a-t-il déclaré.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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