Les enseignants de Yomou répondent massivement à l’appel du SLECG à une grève générale et illimitée lancée la semaine dernière. Ce lundi, 13 janvier 2020, la plupart des écoles de la préfecture n’ont pas fait cours. Certains élèves sont descendus dans les rues pour protester contre cette situation, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Dans la commune urbaine, de nombreux élèves se sont rendus à l’école ce lundi matin. Mais les enseignants, eux, ont brillé partout par leur absence. Ce qui a empêché la tenue des cours dans toutes les écoles publiques de la ville. Une situation que regrette et déplore Koto Dénis Kpoghomou, élève en classe de 10ème année au collège Dinda.

Koto Dénis Kpoghomou, élève en classe de 10ème année au collège Dinda

« Depuis le début de la grève, nous ne faisons pas cours. Même les enseignants qui viennent à l’école n’entrent pas en classes. Nous demandons aux professeurs de venir nous donner les cours, nous sommes leurs enfants. Parmi nous, il n’y a pas d’enfants du président ou de Soumah. C’est notre avenir qui est mis en jeu. L’année dernière, nous avions enregistré un grand échec aux examens nationaux, nous ne voulons pas que la même chose se répète cette année ».

Tout comme la commune urbaine, les écoles des sous-préfectures de Péla, Bowé, Diécké, Betha et Banié n’ont pas fait cours. Dans la plupart des cas, ni les enseignants ni les élèves n’ont été à l’école. « Nous, les enseignants, nous suivons les instructions d’Aboubacar Soumah. S’il lève la grève aujourd’hui, nous allons reprendre les cours. Mais, tant qu’il ne lève pas la grève, nous n’allons pas donner cours. Ici, même les élèves ne vont plus à l’école parce qu’ils savent que les enseignants sont en grève », a déclaré Ouo-Ouo Gomou, professeur de français au collège de Betha, joint au téléphone par le correspondant de Guineematin.com à Yomou.

A Diécké, plusieurs élèves ont manifesté ce lundi contre l’absence de leurs professeurs. Après avoir crié leur colère dans la rue, ils sont allés s’attaquer aux écoles privées pour les empêcher aussi de faire cours. « Nous avons droit aux cours ; nous voulons le retour de nos professeurs ; sans nos professeurs, pas de cours dans les écoles privées aussi », scandaient les manifestants.

Bona Alain Monèmou, proviseur du lycée de Diécké

Bona Alain Monèmou, le proviseur du lycée de Diécké, observe cette situation avec impuissance. « Depuis que la grève a commencé, seulement le personnel d’encadrement vient à l’école. Les enseignants et même les élèves ne venaient pas. Ce matin, quelques élèves sont venus, mais aucun professeur n’a mis pied à l’école. C’est pourquoi, les élèves se sont mis dans la rue pour réclamer le retour immédiat des professeurs en classes », témoigne le responsable éducatif.

Egalement contacté par téléphone, le directeur des études du collège de Péla, Kommy Louamou, lui, accuse les élèves d’avoir empêché les enseignants de donner cours dans son école. « Au premier jour de la grève, le collège de Péla n’a pas été affecté, les cours s’étaient poursuivis normalement. Mais au deuxième jour, ce sont les élèves eux-mêmes qui sont venus jeter des cailloux contre leurs professeurs en disant qu’il y a grève. Et depuis ce jour, sur 750 élèves, on n’a même pas 15 présents par jour. Ce lundi par exemple, on a enregistré la présence d’aucun élèves à l’école », a-t-il dit.

De Yomou, Michel Anas Koné pour Guineematin.com

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