Abdoulaye Sow, blessé par balle à Conakry : « nous sommes pris entre deux feux »

Les manifestations appelées par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) contre une nouvelle constitution qui permettrait au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat à la tête de la Guinée continuent d’enregistrer des blessés par balles à Conakry. Abdoulaye Sow, originaire de la sous-préfecture de Tountouroun, préfecture de Labé, a reçu une balle au dos alors qu’il suivait la télévision dans sa chambre au quartier Simbaya Gare Centre. Les faits se sont produits hier lundi, 13 janvier 2020, aux environs de 22 heures.

Abdoulaye Sow, marchand de profession suivait la télé hier nuit, lorsqu’une balle a transpercé les tôles pour se loger dans son dos. Interrogé par un reporter de Guineematin.com cet après-midi, monsieur Sow (qui est âgé de 53 ans, marié et père de 3 enfants, dont un garçon) est revenu sur sa mésaventure.

Abdoulaye Sow, atteint d’une balle au dos

« J’étais couché hier, je suivais le journal lorsqu’une balle a perforé la toiture pour venir se loger dans mon dos. Quand j’ai reçu la balle, je suis automatiquement tombé du lit. J’ai voulu me relever, je n’ai pas pu, je suis retombé. Heureusement, je suivais la télé avec quelqu’un qui était venu me rendre visite. Celui-ci a poussé des cris et les gens sont venus aux nouvelles. On m’a envoyé dans une clinique d’à côté pour les premiers soins. Ensuite, on m’a envoyé à l’hôpital Sino-guinéen de Kipé où j’ai passé la nuit. Ce matin, ceux-ci m’ont référé au CHU Donka. Là-bas aussi, on m’a prescrit une ordonnance et m’ont dit de prendre ces produits jusqu’au vendredi prochain. Donc, la balle est toujours dans mon corps. Ils m’ont dit de repartir vendredi, ils vont voir s’ils pourront extraire la balle », a-t-il expliqué.

Monsieur Sow a dit sa tristesse face à ce qui se passe actuellement dans notre pays. Il a invité le gouvernement à faire arrêter ce qui se passe actuellement dans les quartiers de la banlieue de Conakry. « Hier nuit, je n’ai pas pu fermer les yeux. J’ai toujours mal au dos. J’exhorte l’Etat à faire arrêter ces exactions. La maison est un lieu de refuge, un endroit où peut se reposer. Mais, si aujourd’hui on ne peut même pas vivre en paix dans nos maisons, si dans nos chambres les balles viennent nous trouver, ça nous inquiète. C’est comme si tu ne peux plus vivre sur terre et l’impossibilité pour toi aussi d’aller dans les cieux. Nous sommes pris entre deux feux. C’est inquiétant », a-t-il laissé entendre.

Rachid Diallo, chef secteur Gare Centre

Pour sa part, le chef du secteur Simbaya Gare Centre, Rachid Diallo, a dit son inquiétude face à ce qui se passe actuellement dans son secteur. Selon lui, toute la nuit d’hier lundi, les forces de l’ordre rentraient dans le quartier pour commettre des exactions. « J’ai été appelé par un de mes citoyens hier nuit sur le cas de Abdoulaye Sow. Pratiquement, nous sommes préoccupés par ce qui se passe actuellement dans mon secteur. Je suis inquiet pour ma famille et les citoyens d’ici. Hier, toute la nuit, c’était des tirs dans le quartier. Les forces de l’ordre n’ont cessé de faire des tirs de rafale ici hier nuit. Souvent, les forces de l’ordre rentraient dans le quartier et frappaient les portes s’ils n’avaient pas pu arrêter des gens. J’exhorte le gouvernement à faire arrêter ça parce que ce sont des balles réelles que les forces de l’ordre utilisent contre nous », a-t-il indiqué.

Comme on le sait, à seulement quelques mois de la fin de son deuxième et dernier mandat, le président Alpha Condé tient coûte que coûte à changer la Constitution qui lui a permis d’être chef d’Etat en 2010. Ce qui lui permettrait de continuer à rester à la présidence de la République. Opposés à ce projet, plusieurs leaders politiques et de la société civile, réunis au sein du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), appellent les Guinéens à des manifestations illimitées pour contraindre le chef de l’Etat à renoncer à ce projet et à organiser des élections libres et transparentes à la fin de son mandat comme l’exige la Constitution guinéenne. Et, ce mardi est donc la deuxième journée de ces manifestations intitulées « résistance continue » par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC).

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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